- Kim Jong-un prend la tête de l'armée nord-coréenne

Le jeune dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un, a été nommé maréchal de l'armée, deux jours après que le plus haut responsable des troupes militaires au sein du régime communiste, Ri Yong-ho, eut été démis de ses fonctions.

« La décision a été prise [mardi] d'accorder le titre de maréchal de la République populaire démocratique de Corée à Kim Jong-un, commandant suprême de l'Armée du peuple coréen », a déclaré mercredi l'agence officielle KCNA, qui relaie les annonces de Pyongyang.

Lundi, le régime avait annoncé que Ri Yong-ho était relevé de toutes ses fonctions « pour raison de santé », un prétexte selon les observateurs, qui ont estimé que Kim Jong-un l'avait limogé afin de laisser son empreinte sur le pouvoir.

Ri Yong-ho était le vice-maréchal de l'Armée populaire de la Corée et chef d'État major-général des troupes militaires, ce qui faisait de lui la plus importante figure de l'armée après Kim Jong-un. Pyongyang a indiqué le lendemain qu'un proche du régime, Hyon Yong-chol, serait vraisemblablement promu au grade de vice-maréchal.

Kim Jong-un consolide son pouvoir

Le père du nouveau dirigeant, Kim Jong-il, auquel il a succédé à sa mort en décembre 2011, avait lui aussi reçu le titre de maréchal, soit le plus haut grade du pays. Cette annonce consolide ainsi le pouvoir de Kim Jong-un, lui qui n'avait aucun titre officiel au sein de l'État il y a à peine deux ans.

Contrairement à son père, qui a fait partie de la propagande du régime pendant 20 ans avant de prendre les rênes de l'État, le jeune homme de moins de 30 ans est resté à l'extérieur des cercles du pouvoir jusqu'en 2010, année où il a été nommé général quatre étoiles et vice-président de la commission militaire centrale.

Cette décision avait été interprétée à l'époque comme le signe qu'il avait été choisi pour succéder à Kim Jong-il à la tête de ce pays de 25 millions d'habitants. Après le décès de son père, en décembre dernier, le nouveau dirigeant nord-coréen avait été proclamé « leader suprême » de la Corée du Nord.

Cette promotion parachève donc la prise de contrôle de l'appareil d'État et de l'armée par Kim Jong-un, qui est déjà chef du Parti des travailleurs de Corée et premier président de la commission nationale de Défense. L'armée nord-coréenne compte 1,2 million de soldats, ce qui en fait la quatrième armée du monde en termes d'effectifs.

« Dans la foulée du limogeage de Ri, cela prend une autre signification. Les titres, bien sûr, n'assurent pas l'autorité, mais le régime semble serrer les rangs autour du jeune dirigeant », a expliqué un enseignant spécialiste de la Corée du Nord à l'Université sud-coréenne Yonsei d'études internationales, John Delury.

Radio-Canada.ca avec AFP, Reuters et Associated Press