Japon - Centrale de Fukushima : un comité parlementaire blâme le gouvernement

Un comité d'enquête sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, survenue l'an dernier au Japon, blâme l'ancien premier ministre et son cabinet pour avoir causé une confusion au plus fort de la crise en interférant massivement dans les opérations de la centrale lourdement endommagée par le séisme de mars.

Les assistants de Naoto Kan ont fait plusieurs appels téléphoniques à la centrale de Fukushima, posant souvent des questions de base et dérangeant les travailleurs, entraînant du même coup une plus grande confusion, a soutenu un membre du comité parlementaire, Shuya Nomura.

Ils n'ont pas observé la marche à suivre officielle - par l'entremise du régulateur, l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle -, en vertu de la loi nationale sur la gestion des crises nucléaires, a-t-il poursuivi.

Selon M. Nomura, l'équipe gouvernementale a posé des questions qui se sont avérées inappropriées et très élémentaires, alourdissant la charge de travail dans la gestion du site.

M. Kan et ses ministres ont toutefois affirmé pendant la crise que l'opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (TEPCO), avait fourni très peu d'informations alors que les travailleurs tentaient désespérément d'éviter une explosion des réacteurs. Cela les a forcés, selon l'équipe de M. Kan, à dévier de la marche à suivre et à poser des questions.

Le comité, qui a le pouvoir de citer des témoins à comparaître, a aussi révélé samedi que l'ex-premier ministre Kan avait ordonné à tous les employés de continuer à travailler lors des événements.

Environ 700 employés de TEPCO et ses compagnies affiliées se trouvaient sur place lorsque le séisme du 11 mars a frappé la centrale, détruisant son système d'alimentation et de refroidissement et déclenchant des fusions dans trois réacteurs.

Quelque 70 employés avaient par la suite pu reprendre le contrôle de la centrale.

Le comité a aussi fustigé M. Kan et son gouvernement pour ne pas avoir diffusé les données sur la radiation, de même que d'autres informations cruciales. Cela a entraîné des expositions qui auraient pu être évitées, en plus de créer un sentiment répandu de méfiance envers le gouvernement.

Le rapport complet du comité sera publié en juin.

Associated Press