- Israël demande un délai pour expulser des colons illégaux

Le gouvernement israélien a demandé dimanche à la Cour suprême du pays un délai d'un mois avant d'évacuer une colonie illégale en Cisjordanie, dans le cadre de sa plus récente tentative de tuer dans l'oeuf un affrontement éventuel avec des colons extrémistes. Aucune décision de la cour n'a été annoncée.

L'avant-poste de Migron, à environ 15 kilomètres au nord de Jérusalem, a été bâti sur des terres palestiniennes privées, une pratique que la cour a rendu illégale il y a plusieurs décennies.

Certains colons de Migron ont déposé une pétition au tribunal pour demeurer dans leurs maisons. Environ le tiers d'entre eux affirment avoir récemment acheté à des Palestiniens les terres où sont construites leurs maisons.

Les Palestiniens veulent que la Cisjordanie soit au coeur de leur futur État, qui inclurait également Gaza et Jérusalem Est, des territoires capturés pendant la guerre de 1967. Ils considèrent toutes les colonies israéliennes comme illégales - pas seulement les avant-postes non autorisés - et la majeure partie de la communauté internationale est d'accord.

La justice israélienne a ordonné le démantèlement de l'avant-poste de Migron d'ici le 1er août, mais l'État a demandé un report jusqu'au 30 août, citant des inquiétudes du major général Nitzan Alon, selon qui aller de l'avant avec l'expulsion pendant le mois saint du ramadan pourrait déclencher des heurts entre colons et Palestiniens.

Trois juges de la Cour suprême ont entendu les arguments du gouvernement dimanche et ont ajourné la séance pour délibérer. Il n'a pas été possible de savoir quand un jugement sera rendu.

En mars, la cour a rejeté une demande du gouvernement pour repousser l'évacuation à 2015, mais a octroyé un report de quatre mois. Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a promis de respecter la décision de la cour, mais son gouvernement veut également éviter de créer un conflit avec la communauté des colons.

Le gouvernement a négocié une entente avec les 300 colons de Migron pour bâtir de nouvelles maisons sur une colline voisine. L'armée craint toutefois que certains résidants résisteraient malgré tout à leur expulsion, et des fanatiques d'autres colonies pourraient également s'en prendre aux soldats.

Migron est devenu un symbole de la résistance des colons, et ses résidants ont lutté contre les tentatives de démanteler l'enclave, en partie en remettant en question les droits de propriété palestiniens.

Des ultranationalistes ont commencé à s'installer à Migron il y a plus d'une décennie. Le gouvernement affirme que les colons se sont emparés illégalement du territoire en 2001.

Associated Press