- Des opposants à l'avortement n'ont pas l'appui nécessaire en Ohio

Un groupe de l'Ohio opposé à l'avortement a échoué mardi dans sa tentative de recueillir suffisamment de signatures pour faire modifier la Constitution de l'État pour y inscrire que la vie débute lorsqu'un ovule est fécondé.

Les partisans de l'amendement constitutionnel proposé dans cet État, dont l'appui sera crucial dans la prochaine élection présidentielle, et ailleurs aux États-Unis, espèrent provoquer une remise en question juridique du jugement de 1973 de la Cour suprême dans l'affaire Roe contre Wade, qui a maintenu le droit d'une femme de se faire avorter jusqu'à ce que le foetus puisse survivre à l'extérieur de la mère, soit vers 22, ou même 24 semaines de grossesse.

Le groupe anti-avortement de l'Ohio n'a recueilli environ que 30 000 des près de 385 000 signatures nécessaires pour forcer un vote sur la question en novembre, a déclaré Patrick Johnston, le directeur de Personhood Ohio.

Le groupe a promis de continuer à recueillir des signatures en prévision de 2013, mais ce faible nombre de signatures représente un nouveau recul pour ce qui est devenu le mouvement « personhood ». Ce mouvement vise à définir la vie humaine comme débutant avec la fécondation et mènerait donc à l'interdiction de pratiquement tous les avortements, même dans les cas de viol ou d'inceste.

Les partisans ont également été incapables de recueillir assez de signatures pour se qualifier en vue du scrutin de novembre au Nevada et en Californie. Les électeurs ont rejeté des propositions similaires qui ont été présentées lors d'élections de 2008 et 2010 au Colorado. Ils ont également refusé d'appuyer l'initiative l'an dernier au Mississippi, qui possède certaines des normes les plus strictes en matière d'avortement.

Les organisateurs estiment que les amendements anti-avortement ont une bonne chance d'être inclus lors des élections cette année au Montana et à nouveau au Colorado. Chacun de ces États a un seuil limite plus faible en matière de signatures requises. Environ 86 000 signatures sont nécessaires d'ici le début du mois d'août au Colorado, tandis que moins de 49 000 personnes doivent donner leur accord d'ici vendredi au Montana.

Plusieurs médecins ont indiqué que les mesures pourraient rendre illégales certaines méthodes de contraception et empêcher la fécondation in vitro. Les habitants de l'Ohio opposés à l'avortement espéraient détourner l'attention de ces questions en réécrivant leur amendement pour dire que celui-ci n'affecterait pas les « méthodes de contraception légitimes » ou les procédures de fécondation in vitro.

L'Ohio devrait être un État clé chaudement contesté lors de l'élection présidentielle du 6 novembre. Mais M. Johnston dit ne pas savoir si le scrutin de cet automne était le meilleur moment pour tenter d'obtenir l'approbation des électeurs à propos de l'amendement. « Nous faisons confiance au Seigneur, a-t-il dit. Nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve. »

Associated Press