Le chef de la diplomatie égyptienne Mohammed Kamel Amr s'exprime devant d'autres ministres du Mouvement des non-alignés le 5 août 2012 à Amman, après qu'Israël les a empêchés d'entrer en Cisjordanie

Une réunion de pays des Non-alignés sur la question palestinienne, prévue dimanche en Cisjordanie, a été annulée après la décision d'Israël d'interdire l'accès du territoire à quatre ministres dont les pays "ne reconnaissent pas" l'Etat hébreu.

Israël a interdit aux chefs de la diplomatie de Malaisie, d'Indonésie, du Bangladesh et de Cuba, membres du Comité du mouvement des non-alignés sur la Palestine, d'entrer en Cisjordanie pour participer à une réunion prévue à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, selon des responsables israélien et palestinien.

Les participants devaient apporter leur soutien à un projet d'une demande palestinienne d'un statut d'Etat non membre à l'ONU.

"Après consultation entre la direction palestinienne et toutes les délégations, il a été décidé d'annuler la réunion à Ramallah du Comité Palestine des Non-alignés", a déclaré à l'AFP un responsable palestinien sous couvert de l'anonymat.

"Une décision a été prise d'interdire à des chefs de diplomatie de plusieurs pays ne reconnaissant pas Israël de franchir des passages frontaliers d'Israël", a expliqué un haut responsable israélien, en mentionnant les représentants de Cuba, d'Algérie, d'Indonésie, de Malaisie et du Bangladesh.

L'Algérie avait précédemment informé l'Autorité palestinienne qu'elle n'enverrait pas de délégation à Ramallah pour éviter de possibles problèmes à la frontière contrôlée par Israël.

"Le Comité ministériel des Non-alignés condamne cette action d'Israël. Il s'agit d'une violation flagrante des principes du droit international et des obligations d'Israël en tant que puissance occupante", a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohamed Kamel Amr, lors d'une conférence de presse à Amman.

"Cette action met une nouvelle fois en lumière la situation difficile du peuple palestinien dans leur lutte pour une indépendance totale", a-t-il ajouté.

Le Comité Palestine est formé de 13 pays et compte outre les chefs de diplomatie des pays interdits d'accès par Israël, ceux d'Egypte, de Jordanie, d'Afrique du sud, du Zimbabwe, de Zambie, du Sénégal, de Colombie et d'Inde.

Tout visiteur souhaitant arriver dans les Territoires palestiniens est contraint de passer par l'aéroport international de Tel-Aviv puis de s'y rendre par la route, à moins de franchir les passages frontaliers terrestres avec la Jordanie contrôlés par Israël.

Mais en vue de simplifier ces procédures, les ministres devaient arriver directement en hélicoptère à Ramallah depuis un aéroport jordanien, un voyage nécessitant quand même l'autorisation d'Israël.

Le mois dernier, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont appuyé un projet de l'Autorité palestinienne visant à obtenir la reconnaissance par l'ONU d'un Etat de Palestine non membre de l'organisation internationale.

Les ministres arabes ont décidé de se prononcer formellement sur ce soutien lors d'une réunion au Caire le 5 septembre. Ils ont néanmoins approuvé l'intention des Palestiniens de commencer à se concerter avec les groupes formés à l'ONU par les Européens, les Africains, les Non-alignés et le bloc sud-américain pour rallier leur soutien.

En septembre 2011, après un an de blocage du processus de paix avec Israël, M. Abbas avait formellement demandé la reconnaissance de l'Etat palestinien par l'ONU, provoquant la colère d'Israël et des Etats-Unis, selon lesquels seuls des pourparlers de paix doivent aboutir à la création d'un tel Etat.

Les Palestiniens n'ont pas réussi à rallier la majorité des 15 membres du Conseil de sécurité requise et M. Abbas espère à présent obtenir la reconnaissance d'un Etat palestinien non membre à l'Assemblée générale de l'ONU, où il est assuré de recueillir un soutien massif.

© 2012 AFP