L'office en mémoire des neuf victimes de l'avalanche du Mont-Blanc est célébré le 14 juillet 2012 à Chamonix.

La communauté montagnarde de Chamonix a rendu hommage samedi aux neuf alpinistes emportés par une avalanche sur le Mont-Blanc au cours d'une cérémonie oecuménique à laquelle ont participé quelques proches des victimes ainsi que des rescapés de la catastrophe.

"Ils nous ont quittés trop vite, comme une flamme éteinte trop tôt par un violent coup de vent avant d'avoir donné toute sa lumière", a lancé le père Georges Vigliano, curé de Chamonix, en ouvrant la cérémonie.

Neuf bougies ont été allumées l'une après l'autre sur l'autel de l'église alors qu'étaient égrenés les noms des neuf alpinistes: Stephan Sulla, Allemand de 40 ans, Corry Mueller, Allemand de 41 ans, Pia Lunzenauer, Allemande de 33 ans, Hans Seehlzer, Suisse de 63 ans, Joachim Aguado-Marony, Espagnol de 51 ans, Esteban Martinez-Jibanez, Espagnol de 39 ans, Roger Payne, Britannique de 55 ans, John Taylor, Britannique de 48 ans, et Stephen Barber, Britannique de 47 ans.

La famille de Pina Lunzenauer était assise au premier rang, devant le maire de Chamonix, Eric Fournier, la députée du Mont-Blanc Sophie Dion, et le commandant du peloton de gendarmerie de haute-montagne Jean-Baptiste Estachy. Deux rescapés danois de l'avalanche, Thomas Dybro et Alex Peterson, avaient pris place un peu plus loin.

"Chamonix a le coeur lourd, traversée d'une émotion intense devant l'ampleur du drame", a dit Isabelle Pierron, pasteur de Chamonix, évoquant la "merveilleuse montagne qui invite au dépassement de soi" mais aussi la "montagne imprévisible, inattendue toujours".

"Ils ont approché un de leurs rêves mais la montagne ne leur a pas permis d'aller jusqu'au bout", a-t-elle ajouté.

Environ 150 personnes ont assisté à la cérémonie dans une église aux bancs clairsemés. Dans une ville où les accidents de la montagne font partie de la vie quotidienne, des Chamoniards s'étaient joints aux représentants officiels.

"Je tenais à venir participer à la douleur des victimes, à honorer tous ces morts", expliquait ainsi Nicole Bozon, femme de guide de haute montagne, à l'issue de la cérémonie.

Le téléphérique de l'Aiguille Midi était toujours fermé samedi en raison de rafales devant soufflant à 100 km/h à son sommet (3.842 mètres), rendant ainsi inaccessible la voie d'ascension au Mont-Blanc dite des "Trois Monts".

C'est sur cette voie que les neuf alpinistes ont trouvé la mort, leurs cordées ayant été surprises tôt jeudi matin par une coulée de neige à 4.000 mètres d'altitude, sur la face nord du Mont Maudit.

Seule une poignée d'alpinistes, bloqués en raison de la fermeture du téléphérique, ont passé la nuit de vendredi à samedi au refuge des Cosmiques, passage obligé pour emprunter cette voie.

"Les conditions sont hivernales. Il a neigé, il y a du vent, il fait froid. Aujourd'hui, ça ressemble plus à un phare qu'à un refuge, vu le peu de fréquentation", a indiqué à l'AFP Laurence Cantèle, gardienne des Cosmiques depuis 19 ans.

"Le fait qu'il fasse mauvais temps, ça apaise les esprits, ça permet de se retrouver. Après, on va recommencer mais sans oublier ce qu'il s'est passé", a-t-elle ajouté.

Météo France annonçait pour samedi un "fort risque" d'avalanche en haute montagne "après les grosses chutes ventées" de la nuit précédente.

© 2012 AFP