Élections américaines - La Cour donne plus de pouvoir aux entreprises

La Cour suprême vient d'infirmer une loi mise en place il y a 63 ans pour limiter l'influence des grandes entreprises et des syndicats sur les résultats des élections.

Dans un jugement très serré, de cinq contre quatre, les juges de la Cour suprême ont autorisé les compagnies privées à financer librement les campagnes électorales des candidats à la présidence ou au Congrès.

Jusqu'à maintenant, les entreprises devaient passer par un comité d'action politique pour apporter leur soutien. Dorénavant, elles pourront puiser à même leur fonds de roulement.

Ce jugement pourrait influencer radicalement les élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre prochain, estiment certains analystes.

Une victoire des groupes de pression, dit Obama

Le président Barack Obama a vivement dénoncé la décision de la Cour suprême, jugeant qu'il s'agit d'une victoire majeure pour les grandes banques, les pétrolières, les compagnies d'assurance maladie et les autres puissants groupes d'intérêts.

Il a par ailleurs annoncé son intention de travailler avec le Congrès pour trouver des solutions.

Le plus haut tribunal divisé

Les cinq juges de la majorité, issus de l'aile conservatrice, ont expliqué avoir basé leur décision sur le premier amendement de la Constitution américaine, qui place la liberté d'expression au premier rang des valeurs américaines.

« Nous ne trouvons aucun fondement selon lequel, lorsqu'il s'agit de politique, le gouvernement pourrait imposer des restrictions à certains », concluent-ils.

Les quatre juges qui se sont opposés à l'assouplissement des règles de financement estiment, pour leur part, que la majorité a commis une grave erreur en considérant le droit de parole des entreprises au même titre que celui des citoyens.

Ils se sont toutefois rangés derrière l'avis de la majorité pour confirmer la nouvelle obligation faite à ceux qui commanditent des publicités d'afficher clairement leur nom.

Un documentaire intitulé Hillary: The movie est à l'origine de toute cette affaire. Durant la course à l'investiture démocrate en 2008, une association conservatrice, Citizens United, avait produit un documentaire très critique à l'endroit d'Hillary Clinton. Il souhaitait le diffuser sur une chaîne câblée de vidéos sur demande et avait produit des publicités pour en faire la promotion.

S'en est suivi une longue saga judiciaire pour tenter d'interdire sa diffusion, parce qu'elle contrevenait à la loi électorale.

Radio-Canada.ca avec Washington Post, New York Times, Agence France Presse et Associated Press