- Égypte : le président élu Mohamed Morsi s'adresse au peuple

Des milliers d'Égyptiens se sont rassemblés sur la place Tahrir, au Caire, pour entendre leur nouveau président, Mohamed Morsi, à la veille de son investiture samedi.

Le président, issu des Frères musulmans, a prêté serment de façon symbolique, s'adressant aux « musulmans et chrétiens d'Égypte ».

« Je jure devant Dieu que je protégerai sincèrement le système républicain et que je respecterai la Constitution et l'État de droit. »

Morsi veut rapatrier un auteur de l'attentat de 1993 contre le WTC

Mohamed Morsi a également promis d'oeuvrer à la libération d'Omar Abdel-Rahman, le chef spirituel d'un groupe islamique, condamné, à New York en 1996, à la prison à vie pour son implication dans plusieurs complots, notamment l'attentat à la bombe au World Trade Center en 1993.

M. Morsi avait auparavant déclaré à la presse égyptienne qu'il n'y aurait « pas d'islamisation des organes de l'État », cherchant à dissiper les craintes de nombreux Égyptiens. Il a aussi rendu hommage à plusieurs reprises aux « martyrs de la révolution » et à leurs idéaux démocratiques, qui ont permis les élections.

Mohamed Morsi a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle dimanche, avec 51,73 % des votes. Son adversaire, Ahmad Chafic, en a obtenu 48,27 %. Premier civil à présider l'Égypte depuis 1952, il est le premier chef de l'État issu des Frères musulmans.

Sa prestation de serment officielle doit avoir lieu samedi à 11 h, heure locale, devant la Haute Cour constitutionnelle, selon un communiqué de la présidence publié jeudi soir.

Opposition aux pouvoirs de l'armée

« Vous êtes la source du pouvoir et de la légitimité, qui est au dessus de tout le monde. Il n'y de place pour personne, pour aucune institution (...) au dessus de cette volonté », a déclaré à la foule M. Morsi, visant implicitement le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, qui conserve de larges prérogatives, dont le pouvoir législatif.

Les partisans des Frères musulmans manifestent depuis plusieurs jours sur la place Tahrir pour protester contre les dispositions prises par l'armée et limitant les pouvoirs du président.

Le CSFA, qui dirige le pays depuis plus d'un an, s'était engagé à remettre le pouvoir d'ici le 30 juin au nouveau chef de l'État. Celui-ci a commencé à former un gouvernement de coalition et à entamer des consultations sur le choix du futur premier ministre, qui pourrait être « indépendant », signe d'une volonté d'ouverture politique et de détachement par rapport à l'armée.

Nouvelles condamnations

Deux proches de l'ancien président Hosni Moubarak, l'ancien ministre de l'Énergie Sameh Fahmy et l'homme d'affaires Hussein Salem, ont par ailleurs été reconnus coupables, jeudi, de corruption dans une affaire concernant des exportations de gaz naturel en Israël à des prix inférieurs à ceux du marché. Hussein Salem, en fuite, a été jugé par contumace.

La femme du nouveau président fait parler d'elle

La nouvelle première dame d'Égypte, Naglaa Ali Mahmoud, 50 ans, fait déjà parler d'elle.

Musulmane conservatrice qui porte le voile et n'a jamais étudié à l'université, à l'inverse de ses prédécesseures Suzanne Moubarak et Jihane al-Sadate, elle préfère se faire appeler Oum Ahmed, « la mère d'Ahmed » (son fils aîné).

Ses détracteurs jugent que son style représente la montée de l'islam conservateur en Égypte, alors que ses partisans soutiennent que ses manières et son passé modestes symbolisent l'esprit démocratique de la révolution.

Refusant par ailleurs qu'on la surnomme la « première dame », elle aimerait qu'on l'appelle « la première servante du peuple ».

Les commentaires sur son style affluent sur les réseaux sociaux.

Radio-Canada.ca avec AFP, Associated Press et Reuters