Des euros

La population du petit village de Vezet (Haute-Saône) se mobilise depuis deux mois pour aider un habitant, reconnu coupable du meurtre d'un déficient mental en 2008, qui doit payer 80.000 euros de dommages et intérêts à la famille de sa victime, a-t-on appris mardi auprès de son avocat.

"Des habitants de Vezet et alentours se chargent de récolter des fonds pour aider mon client à payer 80.000 euros d'indemnités. C'est bien pour lui et surtout pour l'avenir de sa famille, qui paie les conséquences de son geste car ces dommages et intérêts sont colossaux", a déclaré à l'AFP Me Randall Schwerdorffer.

Reconnu coupable de "violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner" à l'encontre de Frédéric Badet, déficient mental de 35 ans handicapé à 80%, Charles Beau a été condamné en avril 2011 à cinq ans de prison dont quatre avec sursis. Début 2012, la cour d'appel de Dijon a confirmé la peine de prison ferme, en ôtant le sursis, et l'a assortie de dommages et intérêts.

En juillet 2008, cet électricien sans histoire avait mortellement poignardé la victime, surprise en train de cambrioler une cabane. Frédéric Badet était connu pour ses multiples délits dans ce village de 180 habitants.

L'association des T'huits printemps, qui organise les collectes, "a changé son statut pour pouvoir aider à la réinsertion de personnes en difficulté. Mais Charles Beau, qui n'a presque pas fait de prison pour le meurtre de mon fils, a toujours trouvé du travail facilement", a dénoncé à l'AFP Jaqueline Badet, la mère de la victime.

"Les membres de l'association vendent du nougat, organisent des lotos et des tombolas pour récolter de l'argent pour M. Beau. Même le maire de Vezet et le conseil municipal ont voté une subvention de 1.000 euros pour l'association, et donc pour Charles Beau", a-t-elle ajouté.

"Mon fils est décédé, je ne le verrai plus, alors que M. Beau, qui est un meurtrier, est libre et soutenu par tout Vezet", a-t-elle commenté.

Le maire de la commune, Alain Franchequin, a refusé de s'exprimer et les responsables de l'association n'étaient pas joignables mardi.

Lors du premier procès à Vesoul, tout le village était venu soutenir l'accusé. Les habitants se disaient "terrorisés" par la victime.

© 2012 AFP