Un squelette de Tarbosaure bataar, au centre d'une polémique entre Etats-Unis et Mongolie. Photo non datée transmise par le bureau du procureur de Manhattan.

Un squelette de tyrannosaure récemment vendu aux enchères à New York a été saisi vendredi par les autorités américaines qui souhaitent le restituer à la Mongolie d'où il est originaire, a-t-on appris de source judiciaire.

La maison d'enchères Heritage Auctions, qui l'avait vendu le mois dernier pour 1,05 million de dollars, a confirmé la saisie à l'AFP, précisant qu'elle avait eu lieu en début d'après-midi dans l'entrepôt du quartier du Queens où l'immense squelette de 2,43 m de haut et 7,31 m de long était entreposé.

"Il a été saisi vers 13h00 (17h00 GMT) dans l'entrepôt Cadogan-Tate Art Storage facility de Sunnyside, dans le Queens", a précisé un porte-parole de la maison d'enchères.

Le squelette reconstitué et quasi complet de ce Tarbosaure bataar, grand prédateur bipède qui a vécu à la fin du Crétacé il y a environ 70 millions d'années, viendrait du désert de Gobi.

Il avait été expédié en Floride depuis la Grande-Bretagne en mars 2010, et a été vendu aux enchères le 20 mai à New York. La maison d'enchères avait cependant précisé que la vente était "conditionnelle, dépendante de futures décisions judiciaires", après que la Mongolie eut cherché à empêcher la vente.

Lundi dernier, le procureur de Manhattan (New York) avait demandé sa saisie pour que le squelette soit rendu à la Mongolie. Un juuge fédéral, Kevin Casten, avait ensuite donné le feu vert à cette saisie.

Depuis 1924, la Mongolie considère les fossiles comme une propriété nationale et leur exportation est interdite.

Son président, Tsakhia Elbegdorj, s'était en début de semaine réjoui de la procédure de saisie engagée, soulignant que le tyrannosaure représentait "une pièce importante du patrimoine culturel du peuple de Mongolie".

Vendredi, le vice-président de la maison d'enchères, Jim Halperin, a exprimé l'espoir d'une solution "juste et équitable" pour le vendeur basé en Floride, Eric Prokopi, 37 ans, qui "a passé un an de sa vie et dépensé beaucoup d'argent pour identifier, restaurer, construire et préparer ce qui n'était auparavant qu'un ensemble d'os et fragments d'os non assemblés".

Celui-ci a démenti être un trafiquant international.

Selon la plainte déposée devant le tribunal fédéral de Manhattan, les documents de douane pour l'entrée aux Etats-Unis avaient cependant été falsifiés, donnant comme pays d'origine la Grande-Bretagne et affirmant qu'il s'agissait notamment de deux têtes de reptile. La valeur de l'envoi avait été estimée à 15.000 dollars, alors que le squelette, reconstitué aux Etats-Unis, a été mis à prix entre 950.000 et 1,5 million de dollars.

© 2012 AFP