- Sommet européen : les 27 entament leurs travaux à Bruxelles

Les dirigeants des 27 pays membres de l'Union européenne se sont donné rendez-vous à Bruxelles aujourd'hui et demain pour apaiser la crise de la dette en Europe. Ils tenteront notamment de s'entendre sur des moyens de renforcer la zone euro au moment où l'Espagne et Chypre viennent aussi de réclamer une aide financière.

Les travaux ont commencé vers 13 h 30, heure locale.

Le programme comprend entre autres des pourparlers sur le budget européen pour 2014-2020. Le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, souhaite que les discussions portent notamment sur la manière dont le budget européen pourrait contribuer à la croissance et à l'emploi.

La semaine dernière, les dirigeants allemand, français, italien et espagnol se sont entendus pour mobiliser 1 % du PIB européen, soit 120 à 130 milliards d'euros (150 à 165 milliards de dollars canadiens), pour stimuler la création d'emplois et la croissance plutôt que de miser uniquement sur l'austérité. Ce plan doit toutefois être accepté par leurs 23 collègues.

Le renforcement de l'Union économique et monétaire est aussi à l'horaire des pourparlers. M. Van Rompuy a d'ailleurs préparé un rapport, dans lequel il propose un contrôle accru des budgets nationaux et la mise en place d'une union bancaire. Toutefois, aucune décision ne sera prise à ce sujet avant la fin de l'année.

C'est le dix-neuvième sommet européen depuis le début de la crise de la dette, fin 2009.

Avant l'ouverture du sommet, le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a souhaité que les dirigeants de l'UE acceptent de nouvelles mesures de croissance pour l'Europe.

Il a également plaidé pour des actions afin de réduire les taux d'intérêt de l'Espagne et de l'Italie qui atteignent des niveaux ingérables. « Nous avons besoin de décisions concrètes pour une stabilisation à court terme des marchés, notamment les marchés de dette souveraine », a-t-il dit.

Dès son arrivée, le président français François Hollande a appelé à « des solutions très rapides pour soutenir les pays en difficulté sur les marchés alors même qu'ils ont fait des efforts considérables », faisant allusion à l'Espagne et à l'Italie. Il a ajouté que Paris et Berlin s'entendaient sur les moyens de stimuler la croissance, mais n'étaient pas encore arrivés à un accord sur les moyens à prendre pour stabiliser les économies les plus fragiles de la zone euro à court terme.

Certains responsables européens ont affirmé que la question des euro-obligations ne devrait pas être à l'ordre du jour, ou ont encore rappelé leur ferme opposition à cette idée.

« Je crois que nous devrions cesser de parler des euro-obligations puisque l'Allemagne s'oppose catégoriquement à cette idée. Je continue de croire que c'est une bonne solution, mais il ne sert à rien de poursuivre les débats théoriques quand la maison est en feu », a dit de son côté Martin Schulz, le président du Parlement européen, à la télévision allemande.

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, s'est opposé jeudi à une mutualisation de la dette. « Nous ne résoudrons les problèmes de l'Europe que par le respect des accords et en faisant en sorte que les marchés fonctionnent mieux. La seule façon de sortir de cette crise est en aidant les pays du sud de l'Europe, à condition qu'ils acceptent leurs responsabilités et que les critères soient stricts », a-t-il dit.

De son côté, le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, a déclaré jeudi qu'il était urgent que les leaders européens s'entendent sur un plan pour sortir l'Europe de la crise et prévenir une crise économique mondiale, lors d'un discours tenu à Galway, en Irlande.

Les conclusions du sommet sont attendues vendredi, ainsi qu'une décision sur l'adhésion du Monténégro à l'Union européenne.

Par la suite, les 17 pays membres de la zone euro se concerteront, en présence de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, pour tenter de trouver des réponses immédiates et concrètes à l'aggravation de la crise de l'euro et pour éviter sa contagion à des pays comme l'Italie.

Radio-Canada.ca avec AFP, Reuters et PC