États-Unis et Suède - Deux nouvelles « pluies d'oiseaux morts »

Deux autres volées de plusieurs centaines d'oiseaux ont péri de façon inexpliquée aux États-Unis et en Suède au cours des dernières heures.

Mercredi, plusieurs dizaines d'oiseaux morts ont été retrouvés éparpillés à l'entrée d'une petite ville du sud-ouest de la Suède.

Selon des témoins, ces oiseaux, des Choucas des tours (une variété de corbeaux), ne montraient aucune trace de violence ou de blessure apparente. Ils seraient tout simplement tombés du ciel, sans vie.

Des vétérinaires ont été dépêchés dans le village de Falköping, à une centaine de kilomètres de Göteborg, pour recueillir des spécimens d'oiseaux morts afin de déterminer la cause de leur décès pour l'instant inexpliqué.

Deux cas similaires aux États-Unis

Cette mystérieuse hécatombe d'oiseaux survient après deux épisodes similaires de « pluies d'oiseaux morts » qui se sont produits aux États-Unis ces derniers jours.

Mardi, une autre volée d'oiseaux est tombée du ciel, foudroyée en plein vol par un phénomène inconnu, cette fois dans l'État de la Louisiane, aux États-Unis.

Selon une responsable du Service de la pêche et de la faune citée par l'Agence France-Presse, plus de 500 oiseaux sont tombés raides morts sur la paroisse de Pointe Coupée où la cause de leur décès n'a pas pu être déterminée.

« Nous avons envoyé des échantillons à un laboratoire du Missouri pour en savoir plus et nous attendons les résultats », a déclaré Olivia Watkins, des services fauniques de la Lousiane.

La première « pluie d'oiseaux morts » s'est produite la veille du jour de l'An dans la ville de Beebe, en Arkansas où plus de 5000 oiseaux, des carouges à épaulettes, sont tombés du ciel sans vie, victimes d'une mort aussi subite qu'inexpliquée.

Selon un porte-parole de la Commission de protection de la faune de l'Arkansas, Keith Stephens, une première analyse des carcasses a révélé des signes de traumatismes internes dans les tissus de la poitrine des animaux. Les analyses ont aussi révélé d'importants caillots de sang et plusieurs hémorragies internes. Tous les principaux organes n'étaient cependant pas touchés et les oiseaux ne montraient aucune trace de maladie.

Les experts ont formulé l'hypothèse que les feux d'artifice du Nouvel An aient pu affoler les oiseaux qui seraient morts de peur. Mais le même jour, des dizaines de milliers de poissons (80 000 selon les estimations) ont aussi été retrouvés sans vie sur les berges de la rivière Arkansas, à 160 km de Beebe.

Ces mystérieuses hécatombes d'oiseaux sont d'autant plus difficiles à expliquer que tous les oiseaux semblent mourir ensemble, d'un seul coup, foudroyés en plein vol par un phénomène inconnu.

La piste météorologique privilégiée

« Au moment où on se parle, c'est la spéculation la plus complète », a prévenu d'entrée de jeu Pierre Gingras, chroniqueur en ornithologie à La Presse , lors d'une entrevue accordée à Radio-Canada.

Après avoir écarté l'hypothèse des feux d'artifice en Arkansas, Pierre Gingras a présenté une hypothèse du laboratoire d'ornithologie de l'Université Cornell, qui veut que tous ces oiseaux (les carouges et les étourneaux), qui vivent en groupes de milliers d'individus, aient été tués par un événement météorologique violent.

« On croit que les oiseaux auraient été possiblement aspirés en haute altitude par de puissants courants d'air ou de forts vents. Les oiseaux auraient pu être détrempés et le choc thermique a été assez violent pour les faire mourir de froid dans un laps de temps extrêmement court. Mais ce ne sont que des spéculations pour le moment », a expliqué Pierre Gingras.

« Il y a quelques années, dans le golfe du Mexique, un gigantesque ouragan qui faisait 1000 km de diamètre, a aspiré des dizaines et des dizaines de milliers d'hirondelles et de martinets en migration », a raconté le chroniqueur.

« Les oiseaux ont été transportés du golfe du Mexique jusqu'à Terre-Neuve en quelques heures. Tous ces oiseaux-là sont morts noyés, de froid ou de faim. On l'a su parce qu'on a retrouvé des hirondelles mortes dans des cheminées à Terre-Neuve », a-t-il poursuivi.

« Par contre, pour les choucas, en Suède, c'est très intrigant, car il s'agit de gros oiseaux de la taille d'une corneille », a-t-il conclu.

Radio-Canada.ca avec AFP