Politique - Stephen Harper dans la région de Québec pour la Saint-Jean

Le premier ministre du Canada a choisi de célébrer la Saint-Jean-Baptiste dans la région de Lotbinière, dimanche, près de Québec, la circonscription du député conservateur Jacques Gourde.

Stephen Harper était à Saint-Narcisse-de-Beaurivage en compagnie de 18 ministres de son Cabinet.

« La volonté de notre gouvernement de faire le Québec et le fait français s'épanouir au sein d'un Canada plus fort et plus uni que jamais », a-t-il dit lors d'un discours.

Pour appuyer le message, les conservateurs ont mis toute la gomme en réunissant les ministres les plus influents du cabinet au côté de leur premier ministre, preuve selon le ministre Christian Paradis, que le parti a le Québec à coeur.

« Je pense que le fait qu'il y ait une présence aussi massive des membres du Cabinet, des ministres anglophones, ça démontre qu'on veut que les choses fonctionnent au Québec », a-t-il dit.

Croisé à Montréal, à l'occasion du défilé de la Saint-Jean, l'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n'était pas de cet avis. « [Stephen Harper] agit en fonction de la majorité canadian  », a-t-il lancé.

Le chef par intérim du Parti libéral du Canada, Bob Rae, estime que les conservateurs ne savent plus quoi faire pour rebâtir les ponts avec les Québécois. « Pour moi c'est normal, mais ça montre à quel point M. Harper est complètement isolé », a-t-il affirmé dans le cadre d'un événement auquel il participait dans le quartier Villeray, en compagnie du député Justin Trudeau.

« S'ils veulent chercher des poux, qu'ils le fassent », a rétorqué le ministre Christian Paradis, ajoutant que le gouvernement Harper est victime d'attaques injustifiées. « Lorsque des dossiers se règlent, comme par hasard, on n'en entend pas parler. Des dossiers historiques comme le règlement de la taxe. »

Charest commente la visite de Harper

Jean Charest s'est réjoui de voir le premier ministre du Canada au Québec à l'occasion de la fête nationale.

Il a également commenté sa rencontre du 11 juin avec son homologue fédéral, en marge de la Conférence de Montréal.

Il reconnaît que Québec a ses différends avec Ottawa, notamment sur la question du registre des armes à feu et des changements au Sénat, mais il a tenu à rappeler que Québec et Ottawa se sont entendus dans plusieurs dossiers, dont l'harmonisation des taxes ou encore le partage des redevances dans le golfe du Saint-Laurent.

Le premier ministre Charest n'y voit aucune tentative d'ingérence du fédéral dans la lutte qui s'amène au Québec. « Le gouvernement fédéral ne va pas se mêler d'une élection québécoise qui concerne directement la population du Québec! » a-t-il dit dimanche.

Mais certains politiciens fédéraux ont raillé la rencontre et les discussions qu'a eues le premier ministre Harper avec Brian Mulroney et Jean Charest.

« Le fait que Stephen Harper ait ressenti le besoin de se tourner vers MM. Mulroney et Charest illustre bien que l'aile québécoise du Parti conservateur n'est tout simplement pas à la hauteur », estime le chef bloquiste Daniel Paillé.

« M. Harper a décidé que ses cinq députés ne peuvent pas lui témoigner ce que c'est qu'être Québécois. Ça, c'est manifeste. Au lieu de consulter ses cinq députés, il est allé voir M. Mulroney et M. Charest », a-t-il ajouté.

De l'avis du chef néo-démocrate Thomas Mulcair, Stephen Harper aurait dû s'intéresser à la nation québécoise bien avant.

« C'est un peu tard pour M. Harper de commencer à s'intéresser au Québec. À chaque fois qu'on a essayé de le convaincre de donner un contenu réel à la reconnaissance des Québécois comme nation, il a dit non. Alors il peut prendre ses conseils où il veut, mais c'est peut-être trop peu, trop tard », a-t-il dénoncé.

Mais Pauline Marois accepterait bien un carton d'invitation du bureau du premier ministre si on lui en faisait parvenir un.

« Bien sûr que je veux le rencontrer! Je n'ai jamais souhaité la solution du pire pour le Québec, a lancé Mme Marois. Mais j'aurai beaucoup de demandes à lui présenter! »