- Métro paralysé à Montréal : quatre suspects en état d'arrestation

Quatre personnes soupçonnées d'avoir lancé des bombes fumigènes dans le métro jeudi ont été placées en état d'arrestation vendredi soir.

Les suspects pourraient être accusés de complot et méfait ayant causé des dommages de plus de 5000 $. Ils ont été placés en détention pour la nuit de vendredi à samedi.

Les quatre personnes s'étaient rendues elles-mêmes aux policiers, avait indiqué plus tôt le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Âgés environ d'une vingtaine d'années, les suspects - trois femmes et un homme - étaient recherchés relativement aux méfaits commis à la station Lionel-Groulx. Ils étaient accompagnés de leurs avocats.

Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, avait confirmé qu'il s'agissait de personnes qui s'étaient reconnues sur les photographies des suspects que le service de police avait diffusé la veille.

Le SPVM n'a pas confirmé les noms qui ont circulé dans les médias traditionnels et les médias sociaux.

Le SPVM est par ailleurs toujours à la recherche de renseignements concernant les événements qui se sont déroulés aux stations Jean-Talon et Préfontaine. M. Lafrenière a confirmé que la police n'avait aucun suspect lié à ces incidents.

Toute personne qui possède des informations sur les événements survenus dans le métro, le jeudi 10 mai, peut communiquer avec Info-Crime Montréal au 514 393-1133.

Les engins fumigènes déposés en pleine heure de pointe dans trois stations de métro ont forcé la fermeture de tout le réseau, une première depuis 1989. Le service a été perturbé pendant près de trois heures, touchant quelque 125 000 usagers, redirigés vers des autobus mobilisés en renfort dans une situation qui s'est dans plusieurs cas avérée chaotique.

Perquisition chez les suspects

En matinée, le SPVM avait mené une perquisition chez deux des quatre suspects, dans un logement du quartier Hochelaga-Maisonneuve situé sur l'avenue Létourneux, au coin de la rue Sainte-Catherine. Amorcée vers 9 h, l'opération a duré environ trois heures.

L'appartement était inoccupé au moment de la perquisition, et aucun suspect n'avait donc été arrêté. Le SPVM a cependant saisi plusieurs biens leur appartenant, qu'il a sorti de l'appartement dans des boîtes et des sacs verts.

Peu bavard sur cette opération, le SPVM n'a pas révélé le contenu saisi. Sur les ondes de RDI, son porte-parole, Ian Lafrenière, a rappelé le processus des dernières heures ayant mené à l'opération policière. « Rapidement, les gens nous ont aidés », a-t-il expliqué. Il a indiqué que le SPVM avait rencontré un témoin et reçu une vidéo, dont avaient pu être extraites des images « claires » des suspects. « Ça a porté fruit. Plusieurs personnes nous ont contactés », a-t-il ajouté, précisant qu'il y avait un important processus de vérification et de validation des informations fournies.

Les photos des suspects provenaient de citoyens qui ont été témoins des événements.

Sécurité accrue dans le métro

De nombreux policiers étaient présents dans le métro de Montréal, vendredi matin. Le président du conseil d'administration de la Société de transport de Montréal (STM), Michel Labrecque, a indiqué sur les ondes de RDI que la sécurité avait été accrue dans le métro en raison des incidents de la veille.

« On a une unité de coordination de mesures d'urgence qui a été activée hier, et qui est maintenue 24 heures sur 24, tant et aussi longtemps qu'on ne sentira pas que la situation s'est rapaisée », a-t-il dit.

« Vous allez voir, dans les stations, nos inspecteurs qui sont plus présents, la police de Montréal - section métro, la police de quartier, qui va être autour des stations », a ajouté M. Labrecque, qui lance en outre un appel à la vigilance aux employés de la STM et aux usagers.

La veille, le maire Gérald Tremblay a livré un plaidoyer en faveur du dialogue et de la responsabilité sociale. Il a estimé que les incidents ne révélaient pas de problème de sécurité dans le métro et a fait valoir qu'il y avait 133 policiers dans le métro. Le SPVM a néanmoins annoncé un « plan de visibilité accru au niveau de la sécurité ».