- Loi spéciale adoptée en Ontario contre les enseignants

Des syndicats d'enseignants « déclarent la guerre » au gouvernement libéral, après l'adoption, mardi midi, d'une loi spéciale qui gèle le salaire de leurs membres pendant deux ans, en plus de suspendre leur droit de grève durant cette période.

Une majorité de députés ontariens a voté en faveur de la loi, soit plus de 80 , y compris des conservateurs, contre 15 opposants. Les députés néo-démocrates ont été les seuls à s'y opposer.

La loi spéciale touche plus de 200 000 enseignants et autres travailleurs en éducation.

La chef néo-démocrate ontarienne, Andrea Horwath, a dénoncé la loi, la qualifiant « d'insouciante et de simpliste ».

Le chef conservateur Tim Hudak, lui, continue à réclamer un gel salarial pour l'ensemble des employés des secteurs public et parapublic, des députés aux docteurs.

Les conservateurs avaient déjà fait savoir qu'ils ne bloqueraient pas l'adoption de la loi spéciale, ce qui a laissé le champ libre au gouvernement libéral minoritaire.

Des leaders syndicaux, réunis devant l'Assemblée législative à Toronto après le vote, ont promis de contester la loi spéciale devant les tribunaux, jusqu'en Cour suprême s'il le faut. Ils demandent, par ailleurs, à leurs membres de boycotter les tâches bénévoles, comme les activités sportives et artistiques après les classes, pour protester contre cette loi « draconienne ».

Le syndicat des enseignants anglophones du secondaire cible en particulier les activités se déroulant les mercredis, alors que leurs collègues du primaire sont appelés à boycotter les activités bénévoles et les réunions les lundis.

Pas les moyens

La chef du NPD, Andrea Horwath, a cité en chambre, mardi, nombre d'avis juridiques, dont celui de l'Association canadienne des libertés civiles, qui jugeait le projet de loi 115 « inconstitutionnel. »

Le premier ministre, Dalton McGuinty, a répondu par ses propres avis juridiques et a réaffirmé la nécessité de limiter les salaires dans les secteurs public et parapublic afin d'éliminer le déficit provincial de 15 milliards de dollars.

Il a ajouté que la loi spéciale et le gel de salaire protégeraient le financement de différents programmes, comme la maternelle à temps plein et la limite de 20 élèves par classe au primaire.

À l'heure actuelle, seuls les enseignants francophones et ceux des écoles catholiques anglaises ont conclu une entente de principe avec la province.

Les syndicats récalcitrants, soit ceux des enseignants des écoles publiques anglaises, ont accusé le premier ministre McGuinty de jouer les durs pour regagner sa majorité aux élections partielles du 6 septembre dernier. Les libéraux, toutefois, ont remporté seulement un des deux sièges en jeu.

Le lieutenant-gouverneur de l'Ontario pourrait accorder la sanction royale à la loi spéciale dès mardi après-midi. Le gel salarial s'appliquera rétroactivement au 1er septembre.