- Les pays du G20 prêts à stimuler l'économie si nécessaire

Les dirigeants du G20 s'engagent à prendre les mesures nécessaires pour stimuler l'économie, a affirmé le premier ministre canadien Stephen Harper, lors de la clôture du sommet du G20, à Los Cabos, au Mexique.

« Tous les membres du G20 ont convenu de prendre des mesures pour promouvoir la croissance mondiale », a dit le premier ministre dans un communiqué, ajoutant qu'il était important que les États résistent à la tentation du protectionnisme.

« Si les conditions économiques venaient à se dégrader davantage de manière importante, les pays disposant de marges de manoeuvre budgétaires suffisantes se tiennent prêts à coordonner et à mettre en oeuvre des mesures budgétaires à leur discrétion pour soutenir la demande intérieure, comme il convient », peut-on lire dans un projet de déclaration obtenu par l'agence de presse Reuters.

Le communiqué final indique par ailleurs que les Européens allaient « prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour sauvegarder l'intégrité et la stabilité de la zone euro », a dévoilé Stephen Harper toujours par communiqué, se réjouissant de cet engagement.

Plus concrètement, les Européenes réitèrent leur volonté de mettre sur pied le Mécanisme européen de stabilité, en juillet, et d'adopter des mesures concrètes pour unifier leur secteur bancaire.

« Nous attendons avec intérêt une action sous peu de l'Europe en ce sens », a affirmé le premier ministre.

Lors d'un point de presse à la fin du sommet, le président américain Barack Obama a pour sa part dit avoir confiance que les Européens prendront les actions nécessaires pour juguler la crise dans la zone euro. Les dirigeants du G20 s'inquiètent de cette crise et des possibles répercussions sur l'économie mondiales.

En marge du Sommet du G20, le premier ministre Stephen Harper a annoncé qu'Ottawa participera aux négociations sur la création d'une zone de libre-échange dans la région Asie-Pacifique .

Nouveaux fonds pour le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) a réussi à amasser 456 milliards de dollars américains de la communauté internationale à l'occasion de ce sommet pour lutter contre les effets de la crise en Europe.

Ce montant provient essentiellement d'États de la zone euro, y compris de pays aux prises avec des difficultés financières comme l'Espagne et Chypre.

La Chine apportera pour sa part 43 milliards de dollars américains à ce fonds. Le Brésil, la Russie, l'Inde et l'Afrique du Sud ont aussi annoncé lundi le versement de fonds supplémentaires au FMI.

« Des pays, grands et petits, se sont ralliés à notre appel à l'action, et d'autres pourraient les rejoindre. Je les salue pour leur engagement en faveur du multilatéralisme », a souligné la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Le Canada et les États-Unis ont refusé de soutenir l'effort financier supplémentaire demandé par le FMI, considérant que l'Europe est suffisamment riche pour se sortir de la crise.

« L'Europe est capable de gérer cette crise. L'Europe a des moyens. Mais il a besoin de la volonté politique pour assurer les résultats », avait indiqué lundi le premier ministre Harper.

Les organismes qui luttent contre la pauvreté regrettent que la crise de la zone euro ait monopolisé les discussions du G20 au détriment d'autres sujets, comme la rareté alimentaire dans certaines régions pauvres de la planète. Selon Carlos Zarco, porte-parole de l'organisme Oxfam, l'insécurité alimentaire était censée être une des priorités du sommet. Aucun engagement politique concret relié à cet enjeu n'en est toutefois ressorti.

Pas de mention de taxe sur les transactions financières

Par ailleurs, le texte de Los Cabos ne mentionne pas de projet de taxe sur les transactions financières. Ce projet avait été mentionné dans la déclaration finale du précédent G20, en novembre, mais certains pays s'y opposent, comme la Grande-Bretagne et le Japon.

Le président français François Hollande a tout de même affirmé avoir bon espoir de voir cette taxe entrer rapidement en vigueur. « Quand je dis rapidement, c'est dans l'année 2013 », a-t-il précisé lors de la conférence de presse finale du sommet.

Radio-Canada.ca avec AFP et Reuters