- Le C.A. de News Corp. entérine la scission du groupe

Le conseil d'administration du géant médiatique News Corp. a donné son aval à la scission de ses activités en deux entreprises cotées distinctes, a rapporté mercredi soir le Wall Street Journal . L'annonce doit en être faite officiellement aujourd'hui.

Citant une source proche du dossier, le quotidien new-yorkais affirme que la décision a été prise à l'unanimité, au terme d'une réunion d'une heure et demie au cours de laquelle le magnat américano-australien Rupert Murdoch a livré un discours.

Ce processus, qui devrait prendre environ un an, donnera naissance d'un côté à un puissant groupe recentré sur la rentable activité télévision et cinéma, qui comprendrait le réseau de chaînes Fox, les studios 20th Century Fox et des réseaux de télévision par satellite (Sky Italia, BSkyB).

D'un autre côté, News Corp. regrouperait les actifs liés à la presse et à l'édition, notamment l'agence d'informations financières Dow Jones, des journaux dans le monde entier dont le Wall Street Journal et le Times de Londres, et la maison d'édition Harper Collins.

Le directeur des opérations de News Corp., Chase Carey, avait déjà évoqué en début d'année la possibilité d'une scission du groupe, puis cette dernière avait été confirmée dans un communiqué publié plus tôt cette semaine.

La banque Citigroup a estimé que les activités de télé et cinéma seraient ainsi isolées de celles d'où est parti le scandale des écoutes qui plombe le groupe depuis un an, et qui l'a notamment empêché d'aller de l'avant dans un projet d'acquérir la totalité de la chaîne BSkyB, dont il détient pour l'instant 39,1 %.

Le tabloïd News of the World , l'un des ex-fleurons du groupe de Rupert Murdoch, fermé précipitamment l'été dernier, est soupçonné d'avoir procédé à l'écoute électronique de quelque 800 personnes dans les années 2000 pour obtenir des informations croustillantes.

L'autorité britannique des télécommunications a même fait savoir qu'elle s'interrogeait pour savoir si News Corp. constituait toujours un opérateur « apte et convenable » au regard du scandale, menaçant le groupe d'un retrait de sa licence de diffusion.

« Une scission pourrait réduire [ces] problèmes » et « ouvrirait la voie à une nouvelle offre sur [la totalité de] BSkyB en 2013 », avait indiqué Citigroup.

Radio-Canada.ca avec AFP et Wall Street Journal