- G20 : soulagement temporaire, mais pessimisme

C'est sur un soupir de soulagement que s'ouvre le Sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique. Au lendemain des élections législatives en Grèce, les dirigeants du G20 devraient mettre l'Europe sous pression pour qu'elle résolve la crise de la dette.

Les électeurs grecs ont donné leur appui au parti qui soutient la voie de l'austérité, mettant un baume sur les inquiétudes qui planaient quant à une sortie de la Grèce de la zone euro. Le climat risque tout de même d'être tendu entre les représentants des 20 plus importantes économies mondiales, puisque les marchés redoutent toujours une contagion de la crise à l'Espagne ou l'Italie. La Bourse de New York a d'ailleurs ouvert en baisse lundi matin.

Les pays du G7 ont publié un communiqué dimanche soir dans lequel ils se réjouissent des résultats électoraux en Grèce, mais exhortent les pays européens à respecter leurs engagements vis-à-vis de la communauté internationale.

La Chine et l'Indonésie ont aussi manifesté leur exaspération devant une crise qui dure depuis plus de deux ans et continue de menacer l'économie mondiale. De son côté, le premier ministre Stephen Harper a répété que le Canada souhaite voir l'Europe mettre en place des solutions à long terme.

La situation est délicate, car le Canada, comme les États-Unis, a refusé de soutenir l'effort financier supplémentaire que le Fonds monétaire international, le FMI, réclame aux pays du G20, considérant que l'Europe est suffisamment riche pour se sortir de la crise.

Bien que l'essentiel des débats du sommet devrait être consacré à la relance de la croissance de l'économie mondiale, les crises politiques ne seront pas mises de côté. La Syrie, entre autres, où la violence semble augmenter de jour en jour, était à l'ordre du jour. Le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine ont en effet discuté de ce sujet lundi, en marge du sommet, appelant à l'arrêt des violences en Syrie. Washington reproche à Moscou de continuer à armer le gouvernement syrien et déplore que la Russie et la Chine freinent toute action contre le régime de Bachar Al-Assad.

Pour ce qui est du premier ministre canadien, Stephen Harper, il a commencé par rencontrer le président sud-coréen Lee Myung-Bak, le premier ministre britannique David Cameron, puis la première ministre australienne Julia Gillard, avant que le Sommet du G20 ne prenne officiellement son envol lundi après-midi.

Pas de leçon pour les Européens

Les Européens ne sont pas venus à Los Cabos pour recevoir des leçons de démocratie, a déclaré lundi le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso. Il a d'ailleurs rappelé que « tous les pays du G20 ne sont pas des démocraties ».

Visiblement agacé par la question d'un journaliste canadien sur la crédibilité des Européens, M. Barroso a fait remarquer que la crise n'avait pas l'Europe pour origine, mais l'Amérique du Nord.

« Une bonne partie de notre secteur financier a été contaminé par, comment dire, des pratiques non orthodoxes de la part de certains secteurs des marchés financiers, » a-t-il relevé.

Pour sa part, le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy a souligné que le G20 allait, dans sa déclaration finale, « soutenir et encourager » les efforts des Européens et de la zone euro pour résoudre la crise.

« Et nous ne sommes pas les seuls à être responsables des problèmes économiques actuels dans le monde », a-t-il ajouté.

Radio-Canada.ca avec AFP, Bloomberg et Reuters