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Mis à jour le: 31 octobre 2012 09:29 | par Radio-Canada, www.radio-canada.ca

- Commission Charbonneau : Union Montréal attaquera la crédibilité de Martin Dumont



- Commission Charbonneau : Union Montréal attaquera la crédibilité de Martin Dumont

COUVERTURE EN DIRECT - Union Montréal attaquera mercredi la crédibilité de Martin Dumont, un ex-organisateur du parti qui a fait de multiples révélations-chocs depuis le début de son témoignage à la commission Charbonneau.

Suivez la commission en direct :

L'avocat du parti de Gérald Tremblay, Me Michel Dorval, poursuivra le contre-interrogatoire qu'il a entrepris mardi après-midi, mais qu'il a dû interrompre après quelques minutes seulement, en raison de la levée de la séance.

Martin Dumont a révélé mardi matin que le maire Tremblay avait été informé que son parti avait tenu une double comptabilité lors d'élections partielles organisées dans l'arrondissement Saint-Laurent en décembre 2004.

Il dit avoir appris cette information lors d'une rencontre qu'il a eue avec l'agent officiel du parti Marc Deschamps et le maire Tremblay environ deux semaines avant le scrutin. M. Dumont avait demandé cette rencontre en raison d'inquiétudes sur le financement de la campagne.

« À cette rencontre là, dans mon bureau et à portes fermées, en bon français j'ai pété une coche », a raconté le témoin. « J'ai dit : "je ne sais pas ce qui se passe, vous ne me mettez pas au courant du financement, il y a des téléphonistes que je sais rémunérées qui ne se présentent même pas à moi, mais directement à M. Trépanier [...] Je veux savoir ce qui se passe, est-ce qu'on [...] risque de dépasser le budget électoral?'' »

« À ce moment-là, l'agent officiel m'a sorti un document imprimé [...] et c'était deux budgets. Et c'est là qu'il [Marc Deschamps] m'a dit : "Mais Martin, c'est pour ça qu'on a un budget officiel et un budget officieux de campagne" [...] Dans le premier, le budget officiel, on était rendu à 43 000 $ et dans le deuxième, dit le budget officieux, on était rendu à 90 000 $ ».

« Quand M. Deschamps a sorti la feuille [...], c'est à ce moment que le maire de Montréal Gérald Tremblay s'est levé et a dit : "moi j'ai pas à savoir ça". Il a quitté, il est parti et il a fermé la porte en sortant », a raconté M. Dumont.

En contre-interrogatoire, Me Dorval a indiqué au témoin qu'une des colonnes sur la feuille de M. Deschamps comprenait en fait les dépenses préélectorales, et qu'il ne s'agissait pas d'une double comptabilité. Le témoin a maintenu sa version sans broncher.

Plus tôt en après-midi, Me Dorval avait déclaré aux journalistes que Martin Dumont avait mal compris ce qui s'était passé, et qu'il souhaitait que la commission entende des témoins qu'il propose afin de rétablir la « probité » du maire.

L'avocat d'Union Montréal a formellement demandé à la commission d'appeler à la barre des témoins le contrôleur et l'agent officiel du parti, ainsi que le maire Tremblay lui-même. La commission devra se prononcer à ce sujet.

CAPTATION EN DIRECT :

L'argent comptant coulait à flot dans le bureau de Trépanier

L'ex-organisateur politique a aussi raconté à la juge France Charbonneau comment d'importantes sommes d'argent comptant étaient versées secrètement dans les caisses du parti Union Montréal.

M. Dumont a par ailleurs relaté que l'entrepreneur Nicolo Milioto, de Mivela Construction, avait insisté pour lui remettre une importante somme d'argent en liquide, destinée à Bernard Trépanier, dans une salle de toilette en novembre 2004, lors d'un événement dans l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Selon Martin Dumont, l'argent coulait à flot dans les bureaux de l'argentier d'Union Montréal, Bernard Trépanier, dans les mois qui ont précédé l'élection municipale de 2005.

Menaces et intimidation

L'ex-organisateur du parti a aussi révélé avoir été menacé de mort par l'entrepreneur en construction Nicolo Milioto, en juin 2007.

M. Dumont, qui était, à cette époque, chef de cabinet du maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, rencontrait alors Nicolo Milioto parce qu'il s'interrogeait sur le montant anormalement élevé d'un contrat accordé à Mivela Construction.

Selon les déclarations de Martin Dumont, c'est à ce moment que Nicolo Milioto lui aurait expliqué que les fondations de ses trottoirs étaient « très épaisses et profondes » avant d'ajouter : « faudrait pas que tu te retrouves dans mes fondations de trottoirs ».

Bref portrait de Milioto

Nicolo Milioto a longtemps dirigé l'entreprise Mileva Construction, une importante entreprise du milieu de la construction et de la réfection de trottoirs à Montréal.

Il a été décrit par l'enquêteur de la commission Éric Vecchio comme un intermédiaire entre les entreprises de la construction de la région de Montréal et les têtes dirigeantes du clan Rizzuto.

M. Milioto a d'ailleurs été vu 236 fois au café Consenza, ancien quartier général du clan Rizzuto, lors de l'opération Colisée, menée par la GRC entre 2001 et 2006.

Dans des images diffusées à la commission Charbonneau, il apparaît souvent en compagnie du patriarche du clan mafieux, Nick Rizzuto. On le voit notamment remettre de l'argent à M. Rizzuto.

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