- Attentat au Métropolis : Yves Desgagnés dénonce une sécurité « défaillante »

Yves Desgagnés estime qu'il y a eu des failles dans la sécurité mardi soir au Métropolis, où un attentat a fait un mort et un blessé pendant le rassemblement du Parti québécois, et il réclame une enquête indépendante.

En entrevue à l'émission 24 heures en 60 minutes , Yves Desgagnés a dénoncé la sécurité qu'il a qualifiée de défaillante.

« Sur le plan personnel, j'ai trouvé que la sécurité était extrêmement défaillante. On avait la première ministre sur la scène et les gens pouvaient entrer à quelques pieds d'elle. N'importe qui pouvait entrer. [...] Ça m'a étonné. Et c'est une chose que j'ai dite à sa protection [de Mme Marois]. Donc, je crois vraiment qu'il faut analyser la chose. Il faut une enquête sérieuse et indépendante », a-t-il déclaré à Anne-Marie Dussault.

Le metteur en scène de cette soirée a expliqué que la porte arrière où s'est présenté le suspect est restée ouverte toute la journée, qu'il s'en est inquiété auprès de la sécurité qui lui aurait répondu « gentiment de (se) mêler de ce qui (le) regarde ».

Yves Desgagnés ajoute qu'il était près de la porte lorsqu'il a entendu un coup de feu, qu'un homme blessé est arrivé à ses pieds, qu'il a dit aux collaborateurs de Pauline Marois de fermer la porte.

Il a ensuite dit à un autre collaborateur de Mme Marois de la sortir de scène. La SQ lui aurait ensuite demandé de faire évacuer la salle.

Il a aussi déclaré que si l'arme du suspect ne s'était pas enrayée, les conséquences auraient pu être encore plus tragiques.

Pauline Marois était en sécurité

À titre de première ministre, ou de chef de l'opposition, la SQ était responsable de la sécurité de Pauline Marois. Le corps policier martèle que la nouvelle première ministre du Québec n'a jamais couru quelque risque que ce soit. « Les événements se sont déroulés dans la rue derrière l'édifice », explique le lieutenant Guy Lapointe de la SQ.

« La porte n'a jamais été franchie. Il y avait des policiers de la Sûreté du Québec à l'intérieur. Je ne peux pas entrer dans les détails de la façon dont ils étaient déployés, mais je peux vous assurer qu'en aucun temps le suspect n'aurait pu franchir cette porte. »

M. Lapointe refuse d'expliquer comment le suspect a pu faire feu sur un technicien de scène et pourquoi la porte arrière était déverrouillée, mais il soutient que jamais l'individu n'aurait pu s'approcher de Mme Marois. « Ça s'est passé très rapidement. L'individu a été maîtrisé très rapidement autant par les policiers du SPVM, qui était sur place, que ceux de la SQ. » M. Lapointe précise que l'incendie a également été maîtrisé rapidement.

« On parle d'événements qui se déroulent en moins d'une minute ou, tout au plus, une minute et demie. »

Les agents de la SQ ont laissé Mme Marois retourner sur scène parce qu'ils ont estimé qu'elle ne courrait aucun danger. « Pour nous, c'était clair, la menace était neutralisée, personne n'était entré à l'intérieur de l'édifice. [...] C'est pour cette raison qu'elle a pu retourner sur la scène », explique M. Lapointe en précisant que tous les gens qui sont entrés au Metropolis avaient été contrôlés.

M. Lapointe n'émet aucune opinion sur la demande d'Yves Desgagnés qui réclame une enquête indépendante. « On nous a confié la responsabilité de l'enquête dans le cadre de notre mandat de police nationale, explique-t-il. On va faire cette enquête en collaboration avec nos collègues du SPVM. C'est une enquête qui est faite avec rigueur. Nos enquêteurs, ainsi que ceux du SPVM, sont des professionnels. »

Il précise que la SQ procédera aux modifications requises si les conclusions de l'enquête démontrent qu'il y a lieu d'apporter des changements à son protocole de sécurité.


Lisez l'entrevue avec l'auteur de nos images exclusives, le caméraman de Radio-Canada Martin Bouffard.

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