Nexen acquise par la société chinoise CNOOC

Wang Yilin. Kin Cheung / The Associated Press

CALGARY - La société China National Offshore Oil a accepté de faire l'acquisition de l'une des principales entreprises pétrolières canadiennes, Nexen (TSX:NXY), en échange de 15,1 milliards $ US en espèces, dans le but de faire de Calgary le siège de ses activités dans l'hémisphère occidental.

«Nous sommes au Canada pour investir», a déclaré lundi à des journalistes le chef de la direction de CNOOC, Li Fanrong, lors d'une conférence de presse.

CNOOC, l'une des plus importantes entreprises pétrolières de Chine, a l'intention de maintenir en place tous les employés et cadres actuels de Nexen. La société d'État chinoise dirigera ses activités nord-américaines et d'Amérique centrale — incluant 8 milliards $ d'actifs existants de CNOOC — depuis l'extérieur de Calgary, a indiqué M. Li.

«Nous avons l'intention d'être autant une entreprise locale qu'une société internationale», a-t-il dit.

L'annonce de l'acquisition a fait bondir le titre de Nexen. À la Bourse de Toronto, lundi après-midi, les actions de la compagnie valaient 26,45 $, en hausse de 9,16 $, soit près de 53 pour cent par rapport à leur précédent cours de clôture.

Depuis des années, jusqu'à l'annonce de lundi, Nexen se trouvait au coeur de spéculations quant à sa prise de contrôle.

«J'ignore pourquoi cela a pris autant de temps», a affirmé Lanny Pendill, analyste du secteur de l'énergie chez Edward Jones, à St. Louis.

«Le secteur a vraiment souffert des préoccupations entourant la croissance économique, et les cours du pétrole ont légèrement diminué, de sorte que c'était probablement maintenant ou jamais pour CNOOC», a-t-il ajouté.

Nexen a fait face à de nombreux défis au cours des dernières années, éprouvant notamment des difficultés lors du lancement de son projet de sables bitumineux de Long Lake, dans le nord de l'Alberta, à la fin de 2008.

La transaction donne à chaque action de Nexen une valeur de 27,50 $. Ce montant représente une prime de 61 pour cent par rapport au cours de clôture des actions de l'entreprise, vendredi, à Wall Street.

Pour le président et chef de la direction de Nexen, Kevin Reinhart, cette transaction va permettre d'effectuer d'importants investissements dans l'entreprise et ouvrira la porte à de nouvelles opportunités pour les employés.

La transaction a reçu l'approbation unanime des conseils d'administration de Nexen et de CNOOC.

La proposition de prise de contrôle sera néanmoins examinée de près par le ministre fédéral de l'Industrie, Christian Paradis, et par le Bureau de la concurrence.

Par voie de communiqué, M. Paradis a confirmé qu'il se pencherait sur l'acquisition en vertu des dispositions de la Loi sur Investissement Canada.

M. Paradis a indiqué que la loi exigeait de lui qu'il détermine, notamment, quel effet aurait la transaction sur les investissements et l'emploi au Canada, la production et la transformation des ressources au pays, de même que l'importance de la participation de Canadiens dans l'entreprise canadienne.

«Tout investissement devant faire l'objet d'un examen conformément à la loi doit d'abord recevoir mon aval avant de se concrétiser», a déclaré le ministre.

«J'approuve les demandes lorsque je suis d'avis qu'une proposition d'investissement sera vraisemblablement à l'avantage net du Canada», a-t-il ajouté.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a appelé à des audiences publiques plus larges sur le projet d'acquisition. Le porte-parole Peter Julian a affirmé que son parti tenterait d'obtenir des audiences devant le comité des Communes sur l'industrie, les ressources naturelles et l'environnement.

M. Julian souhaite aussi que le gouvernement fédéral aille de l'avant avec des règles plus transparentes sur l'approbation des acquisitions de sociétés canadiennes par des intérêts étrangers.