Le Canada a la chance de briller, dit Conrad Black

Conrad Black. Chris Young / La Presse Canadienne

TORONTO - Le Canada a la possibilité d'accroître son influence sur la scène internationale en profitant de la tourmente dans laquelle sont plongés les États-Unis et plusieurs autres pays de la planète, a laissé entendre Conrad Black vendredi.

Conrad Black a exprimé ce point de vue alors qu'il prononçait un discours devant l'Empire Club of Canada, à Toronto. Il s'agissait de la première apparition publique de l'ancien magnat des médias depuis son retour au Canada, après avoir purgé une peine de 42 mois de prison en Floride.

«Les Canadiens ne se prennent pas pour des sauveurs, et ne se font pas d'illusions quant à leur capacité d'être des modèles dans le monde, a dit M. Black. Il est difficile de considérer comme quelque chose d'héroïque, spectaculaire ou même d'intéressante la capacité canadienne d'éviter ou de régler des problèmes.»

«Cependant, a-t-il ajouté, alors que temps d'emplois du secteur manufacturier sont délocalisés, les exportateurs de ressources multiples comme le Canada et l'Australie possèdent un avantage.»

«C'est désormais au tour du Canada de s'exprimer, et il n'aura pas besoin de crier pour être entendu, estime M. Black. Voilà quel était mon raisonnement lors de mon récent séjour chez les Américains, raisonnement qui a été confirmé par mon retour dans ce pays.»

«Bien sûr que les États-Unis demeurent un grand pays, et celui-ci sera capable de se renouveler, du moins en partie, éventuellement», a-t-il dit.

«À l'exception de l'Allemagne, toutes les autres puissances traditionnelles sont dans un déclin temporaire. Mais, dans ces circonstances, le Canada a une opportunité dont il n'a jamais disposé, soit d'avoir une influence dans le monde.»

Bien qu'il ait abandonné sa citoyenneté canadienne en 2001 pour accepter un siège à la Chambre des Lords britanniques, Conrad Black est revenu dans sa demeure de Toronto, le mois dernier, après avoir obtenu un permis de résidence temporaire d'un an. Certains, comme le chef néo-démocrate Thomas Mulcair, ont suggéré que M. Black avait reçu un traitement de faveur.

Conrad Black était au départ sous le coup de plus d'une dizaine d'accusations déposées par les autorités américaines, mais il n'a été reconnu coupable que pour quatre d'entre elles par un jury.

Deux de ces condamnations ont été annulées après que la Cour suprême des États-Unis eut jugé que l'une des lois utilisées pour le reconnaître coupable avait été interprétée de façon trop vague. Les avocats de M. Black demandent maintenant que les deux autres condamnations soient elles aussi annulées.