Croissance plus faible pour quatre trimestres

Mark Carney. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA - La reprise canadienne peine à maintenir son rythme dans un contexte de problèmes croissants à l'échelle mondiale et de conditions économiques moins favorables au pays qui laissent intacts peu de moteurs de la croissance, a affirmé mercredi la Banque du Canada.

Dans son plus récent Rapport sur la politique monétaire, la banque centrale laisse entendre que le Canada est victime de problèmes mondiaux, mais aussi que le pays fait face à plusieurs problèmes qui empêchent son économie de connaître une croissance supérieure à la normale.

La banque s'attend à ce que la croissance économique ralentisse à un rythme de 2,1 pour cent cette année, par rapport à 2,4 pour cent en 2011, et qu'elle ne progresse qu'à un rythme modéré de 2,3 pour cent en 2013 et de 2,5 pour cent l'année suivante.

«L'un des aspects clés est la nature et la composition de la demande, en particulier aux États-Unis», a affirmé le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, lors d'une conférence de presse.

Les exportations canadiennes sont concentrées dans des marchés à faible croissance, comme les États-Unis, a-t-il ajouté.

«L'un des messages que la banque cherche à transmettre est qu'on peut s'attendre à ce que ces économies demeurent à faible croissance pendant un certain temps», a déclaré M. Carney.

Les données sur la croissance économique projetée ont été rendues publiques mardi, alors que la Banque du Canada annonçait le maintien de son taux cible du financement à un jour à un pour cent.

Le rapport de mercredi ajoute de la viande autour de l'os, montrant à quel point l'année en cours sera décevante. La banque affirme que chacun des quatre prochains trimestres sera plus faible que ce qu'elle avait prédit dans son précédent énoncé, en avril.

En ce qui a trait au deuxième trimestre terminé en juin, dont les résultats officiels ne sont pas encore connus, la Banque du Canada croit que l'économie a probablement progressé de seulement 1,8 pour cent, soit sept dixièmes de point de moins que ce qu'elle avait prévu en avril. Les trois trimestres suivants devraient aussi produire des résultats modérés de 2,0, 2,3 et 2,3 pour cent, a-t-elle indiqué.

La banque ne fait pas de prévision quant à l'emploi, mais ses projections de croissance laissent croire que la création d'emplois sera modeste d'ici à la fin de l'année.

«Par conséquent, l'économie canadienne devrait continuer d'afficher une faible marge de capacités inutilisées un peu plus longtemps que prévu antérieurement», a-t-elle écrit dans son rapport.

Par secteur, la banque s'attend à ce que les investissements des entreprises et les dépenses des ménages, soutenus par de très faibles taux d'intérêt, demeurent les principaux moteurs de la reprise.

Néanmoins, les uns et les autres contribueront moins que prévu à la croissance.

Par ailleurs, le secteur résidentiel est en train de ralentir en raison des mesures adoptées par le gouvernement afin de resserrer les règles sur les prêts hypothécaires, tandis que les mesures d'austérité des gouvernements agissent comme un frein sur la croissance et que les exportations demeurent timides.

La Banque du Canada voit la performance du Canada au chapitre des exportations comme peut-être l'élément clé de sa faible performance économique.

La part du Canada dans le marché mondial des exportations de biens a sensiblement diminué ces dernières années, étant passée d'un sommet de 4,5 pour cent en 2000 à 2,7 pour cent en 2010, a d'ailleurs fait remarquer la banque, ajoutant que les exportations dans leur ensemble n'avaient toujours pas retrouvé leur niveau d'avant la récession.