OTTAWA - Le budget fédéral reverra les modalités d'octroi de fonds par le Conseil national des recherches aux études en sciences et en technologies dans le cadre d'un vaste ordre du jour en innovation, a indiqué mardi le ministre responsable de l'agence.

Dans un discours, et en entrevue, le ministre d'État aux sciences et technologie, Gary Goodyear, a soutenu que la manière avec laquelle le gouvernement a accordé près de 12 milliards $ pour stimuler l'innovation en affaires n'a pas porté ses fruits.

M. Goodyear a affirmé que l'enjeu d'une plus grande innovation dans le secteur privé comme moyen d'améliorer l'économie et la prospérité du pays occupera une grande part du budget. Il a précisé que le Conseil national des recherches offre l'une des meilleures occasions de réformes.

M. Goodyear a fait valoir que l'agence avait financé des avancées significatives en près d'un siècle d'existence, mais qu'elle avait récemment commencé à «perdre» ses objectifs de vue.

Dans un rapport commandité par le gouvernement l'automne dernier, Tom Jenkins, président exécutif de l'entreprise de Waterloo Open Text, a fait plusieurs propositions pour revoir le financement par Ottawa en recherche et développement.

Un élément clé du rapport suggérait de transformer le Conseil, qui compte un budget d'environ 700 millions $, en une série de centres de concertation liant les entreprises, les universités et les gouvernements provinciaux. Un autre élément, que le gouvernement est incité à adopter, serait d'utiliser le processus d'appel d'offres pour lier les soumissionnaires à des engagements en innovation.

De même, le budget fédéral devrait s'attaquer au programme de Recherche scientifique et développement expérimental de 3,5 milliards $ pour faire en sorte qu'il soit plus simple et moins coûteux pour les petites entreprises de demander du financement.

M. Goodyear a affirmé que le but principal de toutes les réformes envisagées par le gouvernement est de recentrer davantage les recherches vers les résultats escomptés, en termes de produits pouvant être commercialisés et d'entreprises plus innovantes et productives.

Le gouvernement canadien figure parmi les pays développés qui dépensent le plus en termes d'éducation supérieure et de recherche et développement, mais le pays a un retard sur le plan de l'innovation et de la productivité, a souligné le ministre.

«Il s'agit de maximiser les bénéfices pour les Canadiens de nos dépenses en sciences et en technologies», a affirmé M. Goodyear, ajoutant toutefois que le gouvernement ne devrait pas adopter toutes les recommandations de M. Jenkins.