Élections provinciales 2014
Mis à jour le: 7 août 2012 20:18 | par Jocelyne Richer, La Presse Canadienne, thecanadianpress.com

Duchesneau prêt à retourner voir Charbonneau



Duchesneau prêt à retourner voir Charbonneau

Francois Legault;. Graham Hughes / La Presse Canadienne

QUÉBEC - Fort du tourbillon médiatique créé ces derniers jours par la présence de l'ex-policier Jacques Duchesneau dans son équipe, François Legault a tenté de maintenir la cadence, mardi, en annonçant des baisses d'impôt.

Mais une fois de plus, son candidat lui a volé la vedette en proposant de retourner témoigner devant la commission Charbonneau.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a critiqué sévèrement le travail de la commission Charbonneau, mardi, allant jusqu'à se demander si le procureur en chef de celle-ci, Me Sylvain Lussier, n'avait pas cherché à épargner le gouvernement lorsqu'il a interrogé Jacques Duchesneau.

«J'ai parlé tantôt à Jacques Duchesneau et M. Duchesneau est prêt à témoigner à la commission (Charbonneau) dès lundi», a déclaré le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, prenant la défense de son candidat.

Le chef caquiste a en outre accusé Me Lussier d'avoir «manqué à son devoir de réserve», demandant au premier ministre Jean Charest et au ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, s'ils cautionnaient les propos du procureur.

M. Charest s'en est plutôt pris à M. Duchesneau, estimant qu'en refusant de déballer son sac sur les malversations dans la sphère politique, l'ancien dirigeant de l'Unité anticollusion démontre que ses allégations sont non fondées.

«S'il craint des poursuites, ça doit être parce qu'il n'a pas la conviction que son information est très bonne, a-t-il dit. Il est en train de faire un aveu, il est en train d'avouer quelque chose.»

La veille, M. Charest avait mis au défi M. Duchesneau de prouver ses allégations sur le financement occulte des partis politiques, ce qui a fait sortir de ses gonds l'ex-policier et dirigeant de l'Unité anticollusion.

En ce septième jour de campagne électorale, François Legault voulait surtout parler d'alléger le fardeau de la classe moyenne, s'il prend le pouvoir le 4 septembre.

Ainsi, un gouvernement caquiste diminuerait de 1000 $ les impôts des familles dont le revenu ne dépasse pas 100 000 $, et ce, grâce notamment à l'annulation de la taxe santé sur une période de deux ans. L'allégement serait complété par une autre réduction fiscale de 600 $.

Ne voulant pas être en reste, M. Charest a lui aussi privilégié les mesures fiscales pour séduire l'électorat. A Sherbrooke, sa circonscription, il a annoncé qu'il offrirait un crédit d'impôt pour la rénovation verte, s'il est reporté au pouvoir.

Les rénovations admissibles devront améliorer le bilan environnemental, en réduisant la consommation d'énergie, par des travaux d'isolation des maisons, par exemple. M. Charest a déclaré que 20 pour cent des dépenses seront admissibles, jusqu'à concurrence de 3000 $. La mesure devrait coûter 50 millions $.

Ce sont plutôt les questions identitaires, la marque de commerce de son parti, qui ont retenu l'attention de la chef péquiste Pauline Marois, en tournée gaspésienne.

Après avoir écarté du revers de la main l'hypothèse d'un gouvernement minoritaire péquiste appelé à former une coalition, Mme Marois a soutenu que la réélection d'un gouvernement libéral menacerait l'identité québécoise.

En conférence de presse près d'un quai de Percé, elle a accusé le gouvernement Charest de mettre à mal l'identité des Québécois, d'être un danger pour cette identité.

«Je crois qu'il est essentiel qu'on revienne aux questions identitaires parce que le Parti libéral a complètement mis de côté cette réalité, a-t-elle d'abord affirmé. (...) Je crois que le Québec a reculé avec les libéraux au pouvoir, en particulier en matière linguistique.»

Un gouvernement péquiste ferait adopter une nouvelle loi 101, plus contraignante, et ferait adopter une charte de la laïcité, pour mettre fin aux atermoiements sur les accommodements raisonnables.

L'institut du nouveau monde (INM) a mis son grain de sel dans la campagne, en déplorant qu'un peu plus du tiers, seulement, des jeunes de 18 à 24 ans avaient exercé leur droit de vote, lors du dernier scrutin. L'institut s'inquiète de cette apparente désaffection des jeunes, au point de lancer l'idée de tenir un débat sur l'opportunité de rendre le vote obligatoire.

Lors du dernier scrutin de décembre 2008, le taux de participation dans la population en général n'a atteint que 57 pour cent. Chez les électeurs de 18 à 24 ans, le taux de participation était famélique, soit 36 pour cent.

A l'approche de la rentrée des classes et en marge des votes de grève qui se tiennent pour décider de la suite des choses, la chef péquiste a dit souhaiter que les jeunes retournent à l'école. Elle ne les a pas pour autant exhorté à mettre fin à leurs moyens de pression.

Elle leur recommande toutefois de prendre part massivement au processus démocratique sur les mandats de grève.

De son côté, M. Charest a déclaré qu'il ne souhaite pas le retour des perturbations du conflit étudiant.

Le chef libéral a affirmé que les dispositions limitant les manifestations, inscrites dans la loi 12, visaient aussi à faciliter la rentrée.

Mais M. Charest n'a pas voulu dire s'il avait prévu la possibilité que les hostilités reprennent avec les étudiants.

«Je n'ai pas souhaité ce qui est arrivé le printemps, a-t-il dit. Je ne souhaite pas qu'il y ait de perturbations, je veux que ça se fasse dans l'ordre.»

M. Charest a rappelé mardi que Mme Marois avait appuyé les étudiants en grève, au printemps dernier.

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