Élections provinciales 2014
2 août 2012 07:37 | par Radio-Canada
Conflit étudiant - La 100e manifestation nocturne pour le 1er jour de la campagne électorale

Mobilisation à Montréal



Mobilisation à Montréal (© Radio-Canada)
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Au premier jour de la campagne électorale au Québec, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Montréal mercredi soir pour participer à la 100e manifestation nocturne consécutive contre la hausse des droits de scolarité et la loi 78.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a fait état de 17 arrestations au cours de la soirée, en plus de quelques vitrines brisées et des voitures de police endommagées. Onze personnes ont été arrêtées en vertu de règlements municipaux, alors que six autres ont été accusées d'actes criminels, allant de non-respect des conditions à possession d'armes.

Le déclenchement des élections semble avoir suscité un regain d'intérêt envers le mouvement de contestation. Des dizaines de milliers de personnes ont pris d'assaut la place Émilie-Gamelin vers 21 h, point de départ habituel des manifestations nocturnes, avant que le cortège ne se mette en branle.

La manifestation a été déclarée illégale d'entrée de jeu par le SPVM, puisqu'aucun itinéraire n'avait été fourni aux policiers. Utilisant leur discours habituel, les policiers ont indiqué que la manifestation serait tolérée si aucun geste répréhensible n'était commis.

Des projectiles ont toutefois été lancés et au moins une station de métro a été prise pour cible, a déclaré le porte-parole du SPVM, le sergent Laurent Gingras. Des véhicules ont aussi été ciblés et des contenants à déchets ont été renversés. Étant donné que des actes criminels ont été commis, plusieurs avis de dispersion ont été donnés par les policiers dès 22 h 30.

Vers 22 h 45, les policiers ont demandé aux gens de quitter les lieux pour la troisième fois. Le SPVM a indiqué que trois arrestations ont été effectuées, une pour méfait et les deux autres pour utilisation de pièces pyrotechniques contre des policiers.

Vers 23 h, des milliers de manifestants refusaient toujours de se disperser à l'intersection du boulevard de Maisonneuve et de la rue Peel. Des vitrines de l'édifice du bureau du premier ministre ont été fracassées et une bombe fumigène a été lancée sur le bâtiment.

Des projectiles et des pièces pyrotechniques ont également été lancés en direction des policiers. Aucun d'entre eux n'a été blessé, mais cinq nouvelles personnes ont été arrêtées. Plusieurs avis de dispersion ont été donnés et le groupe tactique d'intervention du SPVM était toujours sur les lieux.

Après avoir arpenté les rues du centre-ville et sillonné celles de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, le cortège s'est rendu dans le secteur des rues Sainte-Catherine Est et Beaudry, vers 23 h 30, où les policiers tentaient toujours de disperser la foule.

La manifestation s'est finalement immobilisée à l'angle des rues Sainte-Catherine et Papineau, avant de prendre fin dans le calme et de façon pacifique peu avant minuit.

Pour plusieurs manifestants, cette marche était l'occasion de marquer le début de la campagne électorale qui, l'espèrent-ils, pourrait amener un changement de gouvernement. Ils ont d'ailleurs scandé des slogans contre les libéraux et contre les forces de l'ordre.

Les étudiants s'étaient peut-être faits plus discrets et moins nombreux au cours des dernières semaines à la place Émilie-Gamelin, mais quelques dizaines d'entre eux ont continué de garder le fort et n'ont jamais arrêté de manifester leur mécontentement depuis le 24 avril dernier, date de la première manifestation nocturne.

La ministre de l'Éducation de l'époque, Line Beauchamp, avait alors signé une trêve de 48 heures avec la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) et les fédérations étudiantes, mais un groupe de militants avaient tout de même décidé de descendre dans les rues en criant des slogans comme « négocier, c'est se faire fourrer ».

La manifestation avait été marquée par des gestes de violence, faisant expulser la CLASSE de la table de négociations. La suspension des pourparlers entre les étudiants et le gouvernement du Québec a été décrétée le lendemain, jour marqué par de nouveaux affrontements entre policiers et manifestants dans la métropole.

Concert de casseroles

Les casseroles ont par ailleurs repris du service mercredi soir dans l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, où des centaines de citoyens de tous âges ont marché dans une ambiance festive jusqu'à la place Émilie-Gamelin pour prendre part à la manifestation nocturne.

Les porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Amir Khadir, ont notamment pris part à la marche. Même le célèbre Anarchopanda s'est montré le bout du nez.

Un manifestant a déclaré que « la mobilisation qui commence [...] ne va pas diminuer au cours de la campagne électorale. » Au-delà des droits de scolarité, des gens de tous les âges ont dit vouloir manifester contre le « mépris du gouvernement », et pour la démocratie.

Un manifestant blessé et un délit de fuite

Un homme de 41 ans a par ailleurs été blessé après avoir été heurté par un automobiliste à l'intersection de la rue Saint-Denis et de l'avenue Laurier, peu avant 20 h.

Selon les policiers, le conducteur aurait délibérément foncé sur le manifestant, puis aurait pris la fuite. Une enquête a été ouverte et aucun suspect n'a encore été arrêté. Mais le porte-parole du SPVM, Yannick Ouimet, a confirmé détenir « une très bonne description du véhicule » ainsi que le numéro de plaque d'immatriculation.

Quant au blessé, il a été transporté à l'hôpital, mais on ne craint pas pour sa vie.

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