Mis à jour le: 20 septembre 2012 14:10 | par Victoria Ahearn, La Presse Canadienne, thecanadianpress.com

Les paradoxes de «Rebelle»



TORONTO - Le long métrage «Rebelle», qui représentera le Canada pour la course aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, est rempli de paradoxes.

Le plus évident réside dans l'histoire elle-même, qui tourne autour d'enfants-soldats de l'Afrique subsaharienne qui sont forcés de commettre de terribles actes à un moment de leur vie où s'opère la transition vers la vie adulte et alors même qu'ils vivent leurs premières relations amoureuses.

Le réalisateur et scénariste montréalais Kim Nguyen dit avoir ressenti de telles contradictions — désespoir et résilience, folie et humanité — pendant le tournage du film, qui s'est déroulé en République démocratique du Congo l'été dernier.

«Ce qui est drôle, c'est que lorsqu'on est au Congo, on entend des histoires vraiment dures, et en même temps, les gens là-bas sont probablement les personnes les plus festives qu'il m'ait été donné de rencontrer», a-t-il récemment expliqué lors d'une entrevue accordée dans le cadre de la projection de son film au Festival international du film de Toronto.

«On faisait des fêtes incroyables sans penser au lendemain, c'était un véritable plaisir d'être là, même si c'était difficile. Alors on voit ça, en effet, dans les pays ravagés par la guerre: il y a encore de la place pour des sentiments simples», a-t-il poursuivi.

La jeune vedette de «Rebelle», Rachel Mwanza, n'avait jamais joué avant de décrocher le rôle de Komona, une adolescente forcée à combattre aux côtés du commandant des rebelles, en plus de lui servir d'esclave sexuelle.

Sa touchante performance lui a valu des prix d'interprétation à la Berlinale et au Festival du film de Tribeca.

Et si elle a fait le tour du monde avec ce film, participé à des somptueux galas, la jeune femme de 15 ans — qui a été abandonnée par ses parents et vivait dans les rues de la capitale congolaise, Kinshasa — est toujours confrontée aux défis de son pays natal.

«La vie est difficile en République démocratique du Congo, et malheureusement, elle n'a pas une vie familiale stable», a signalé la coproductrice de la maison Item 7, Marie-Claude Poulin.

«Nous l'avons inscrite à l'école et nous lui avons trouvé un endroit où rester, mais ce n'est jamais aussi facile que ça le semble.»

Kim Nguyen a écrit le scénario de son film il y a une décennie, après avoir lu un article portant sur des jumeaux birmans de neuf ans qui dirigeaient leur propre armée de rebelles.

Il saura bientôt si le long métrage qu'il a mis au monde cette année se faufilera parmi les finalistes aux Oscars. Les nommés seront annoncés le 15 janvier 2013.

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