Les hommes deviennent objets dans «Magic Mike»

Claudette Barius / The Associated Press

LOS ANGELES, États-Unis - L'épilation à la cire, les minuscules sous-vêtements et les dangers d'être perçus comme un objet sexuel : les hommes de «Magic Mike» en ont appris sur les femmes pendant le tournage du film.

Matthew McConaughey, Channing Tatum, Alex Pettyfer, Joe Manganiello et Matt Bomer tiennent les rôles de pompiers, de policiers et d'autres versions exagérées de personnages hypermasculins dans le film de Steven Soderbergh.

Les acteurs admettent que leur préparation pour le film et leur prestation sur scène, quasi nus, devant les dizaines de figurantes qui ont peuplé le faux club Xquisite leur ont donné une idée de ce que vivent les femmes sous certains aspects.

«Magic Mike» explore l'univers des effeuilleurs à Tampa, en Floride, où Mike (Tatum) est un danseur vedette qui prend sous son aile un jeune nouveau (Pettyfer) qu'il baptise «le Kid».

Mais alors que le Kid s'amourache de sa nouvelle vie remplie de drogue, d'argent et de femmes, Mike ne pense qu'à quitter son environnement pour réaliser ses rêves à l'extérieur du club.

«Magic Mike» prendra l'affiche en salle vendredi.

Le film comporte plusieurs numéros de danse sexy offerts par des acteurs légèrement vêtus. Soderbergh affirme que son long métrage n'est que pur plaisir, mais que les acteurs et lui-même ont beaucoup appris en le tournant. Ils ont d'abord découvert que «le rôle du fantasme est différent pour la femme et pour l'homme».

«Si les hommes ont un fantasme, ils passent plus de temps à penser à la façon de le réaliser que les femmes, avance le réalisateur. Les femmes se rendent au club, elles y passent deux heures et elles n'y pensent plus. Les hommes ne sont pas comme ça, il y a quelque chose qui s'y trouve et à laquelle ils n'arrêtent pas de penser.»

Selon Soderbergh, les femmes visitent ces endroits avec leurs amies, tandis que les hommes s'y rendent souvent seuls et ils pensent souvent à avoir une relation avec la danseuse. «Mais je ne crois pas que les femmes dans les clubs regardent ces danseurs et se disent: "Je vais tout abandonner pour cette personne."»

Soderbergh a été attiré par cette histoire d'effeuilleurs parce qu'elle explore un univers qu'il ne connaissait pas, et que la danse et la musique qui l'entourent en font «une bonne idée de film».

Channing Tatum, qui a vraiment travaillé comme danseur à l'âge de 18 ans et de qui le concept du film a été inspiré, a indiqué qu'avec le scénariste Reid Carolin, il souhaitait montrer au cinéma cet univers étrange dans lequel il a évolué et pointer la caméra sur l'homme en tant qu'objet, pour une fois.

«Dans les films, généralement, s'il y a un rôle féminin, son pouvoir vient souvent de sa sexualité et ça a causé un phénomène étrange dans la société, c'est-à-dire que les femmes croient que leur pouvoir est le sexe, que leur sexualité leur permet d'être des femmes fortes et c'est totalement faux», estime l'acteur.

«Dans ce (film), les femmes sont intelligentes, ont des carrières et prennent de bonnes décisions, tandis que les hommes deviennent des objets et tirent leur pouvoir de leur sexualité, ajoute Carolin. Cela les fait agir de manière flamboyante et avec beaucoup de confiance, mais ils ne s'accomplissent pas ainsi.»

Tatum, qui est âgé de 32 ans, admet tout de même que se dénuder pour «Magic Mike» et d'autres films «a probablement aidé (sa carrière) plus qu'elle ne lui a nui jusqu'à maintenant».