Le journaliste Mike Wallace est décédé

BEBETO MATTHEWS / The Associated Press

NEW YORK, États-Unis - Le célèbre journaliste américain Mike Wallace, qui a été un des animateurs de l’émission de télévision «60 Minutes» au réseau CBS pendant près de 40 ans, est décédé. Il était âgé de 93 ans.

Le journaliste connu pour son style mordant et impitoyable est décédé samedi soir, a fait savoir le porte-parole de CBS, Kevin Tedesco.

Mike Wallace a fait partie de cette émission d’affaires publiques dès sa création en 1968.

Jusqu'à ce que son rythme de vie soit ralenti par une chirurgie au coeur à l'approche de son 90e anniversaire, en 2008, M. Wallace n'avait pas cessé de pratiquer le journalisme, menant notamment des entrevues avec le médecin pro-euthanasie Jack Kervokian et le joueur de baseball Roger Clemens. Il avait promis, en se retirant en 2006 comme animateur régulier, de faire quelques reportages occasionnels.

Sa carrière s'est étalée sur plus de six décennies. Il a interviewé les plus grandes personnalités politiques, artistiques et publiques.

Parmi ses plus récentes entrevues marquantes figurent celles avec l'aspirant candidat à la course républicaine de 2007 Mitt Romney, de même qu'une autre effectuée à la sortie de prison, en juin 2007, du Dr Kevorkian. Le médecin qui a défendu le droit au suicide assisté était décédé en 2011, à l'âge de 83. La même année, M. Wallace avait interrogé Roger Clemens, alors que le sportif accusé d'avoir usé de drogues pour améliorer sa performance.

Mike Wallace aura été le premier journaliste embauché par le défunt réalisateur à CBS Don Hewitt pour former l'équipe de «60 Minutes», en 1968. Le succès de l'émission n'a pas été immédiat, mais elle s'est frayée un chemin dans le palmarès des dix plus populaires en 1977-78, prouvant que le journalisme télévisé pouvait rapporter gros.

Le journaliste a su laisser sa marque en se faisant le maître de la question sceptique, ponctuant la réponse de l'interviewé d'un «pardonnez-moi, mais» ou d'un «allons donc». Il avait la réputation de passer plusieurs heures à préparer ses entrevues.

Mike Wallace montrait la même intransigeance à l'égard des personnalités connues et moins connues. En 1973, alors que le scandale du Watergate prenait de l'ampleur, le journaliste a reçu le principal assistant de Richard Nixon, John Ehrlichman. Après avoir énuméré une longue liste de crimes présumés, allant du blanchiment d'argent à l'entrave à la justice, M. Wallace a lancé : «Tout ça, sous la loi et la direction de l'administration Nixon». Ce à quoi un M. Ehrlichman bourru a répondu: «Y a-t-il une question dans tout ça?»

Au début des années 1990, la chanteuse Barbra Streisand avait éclaté en sanglots après qu'il s'est moqué de ses 20 ans de thérapie. M. Wallace se demandant ce qui pouvait «avoir été aussi long à comprendre», la diva avait répondu qu'elle apprenait lentement.

M. Wallace avait choisi de se consacrer pleinement aux nouvelles en 1963, soutenant que c'était la mort accidentelle de son fils de 19 ans, Peter, qui l'avait incité à adopter cette voie professionnelle. Un autre fils, Chris, a suivi les traces de son père et est devenu récemment lecteur de nouvelles à Fox News.

Décrivant ses opinions politiques comme modérées, le journaliste — né à Brookline au Massachusetts le 9 mai 1918 sous le nom de Myron Wallace —, était un ami intime des Reagan, et s'était fait offrir le poste d'attaché de presse de Richard Nixon.