Après 12 semaines surréalistes de « grève étudiante », j'en viens à me demander si, finalement, le gouvernement ne devrait pas vider l'abcès en déclenchant un référendum sur le dégel des droits de scolarité.
Mon opinion sur cette grève (qui n'en a jamais été une) n'a pas bougé d'un iota depuis les trois articles que j'ai écrits sur le sujet il y a - bof! - 71 jours!
Ça fait 12 semaines que le Québec est victime d'intimidation dans la cour d'école. D'une façon ou d'une autre, il faut que ça cesse.
Le referendum m'apparaît comme le meilleur scénario de sortie de crise. Et puis, ça serait tellement rafraichissant de voir le PQ faire campagne pour le non!

Référendum

Tyrannie de la minorité
La situation actuelle est complètement aberrante puisque la majorité de la population est d'accord avec le dégel des droits de scolarité. La vaste majorité des étudiants aussi d'ailleurs - 66 % d'entre eux ont continué d'aller à leurs cours comme si de rien n'était. Et sur les 35 % qui sont en « grève », près de la moitié n'en veulent pas. En tout, cela fait plus de 80 % d'étudiants contre la grève.
Comme tout le monde, je ne me suis pas déplacé pour voter pour ou contre quand j'en avais l'occasion - il y a douze, onze et dix semaines. Depuis, mon syndicat étudiant n'a pas tenu de vote : je voudrais voter que je ne peux plus.
On en est là : pris au piège par la tyrannie de la minorité qui joue avec les pires travers de l'information-spectacle dans une société soi-disant « pacifiste » et « consensuelle ».

Les référendums dans l'histoire
La solution du référendum me paraît nettement meilleure que l'élection ou le moratoire. L'enjeu est beaucoup trop mince pour une élection, mais la situation a atteint un tel paroxysme de désordre qu'elle ne se résoudra pas sans un mandat clair, surtout que les étudiants de bonne volonté sont complètement réduits au silence dans ce dossier.
Le referendum est une consultation faite sur mesure pour ce genre de problématique et permettrait à toute la population de s'exprimer sur la base du dégel et des dernières propositions gouvernementales : pour ou contre.
Dans notre folklore politique, on imagine que les referendums servent à la question constitutionnelle, mais le premier referendum au Québec portait sur la légalisation de la vente de cidre, de bière et de vin.
C'était en 1919 : les soldats démobilisés (une minorité) revenaient en masse et il y avait du grabuge à Québec, où l'on avait interdit la vente d'alcool.
Les soldats n'avaient d'ailleurs pas besoin de Twitter pour faire l'émeute : il suffisait d'avoir suffisamment de désœuvrés dans le même lieu.
Finalement, le OUI - pour la légalisation de la vente d'alcool - l'avait emporté par 75 %, et le reste de la population était rentrée dans le rang.