Tu le sais, je suis une fidèle. Toutes mes amies me conseillaient depuis des années de te quitter. Quand je leurs racontais ce que tu me faisais subir, elles haussaient les sourcils découragées. Mais, comme je n'aime pas les séparations, je suis restée et n'ai pas écouté le chant des sirènes de tes concurrents. Tu me prenais, sans doute, pour acquise. C'est normal, je ne t'avais rien dit. Sauf, cette fois, tu t'en souviens peut-être ? C'était au printemps dernier où tu t'es mis à me parler en anglais... pour régler un problème domestique bien simple. Quand je t'ai téléphoné pour me plaindre, tu t'es excusé et tu m'as juré que ça ne se reproduirait plus.

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Puis, il y a eu la goutte qui a fait déborder le vase. Il faisait un temps radieux, de cette lumière d'automne dorée qui vous donne envie d'aller jouer dehors. TU m'as dit : - Je viendrai entre 9h00 et 18h00. Attends-moi sagement à la maison. Sois gentille. Je t'ai attendu. Tu n'es pas venu. Quand je t'ai téléphoné, écumant de rage, hirsute, frustrée, tu m'as promis que le lendemain, sans faute, tu viendrais entre les mêmes heures. Tu n'es pas venu. Tu ne m'as pas téléphoné non plus.

Le lendemain quand je t'ai finalement rejoint pour te faire part de mes états d'âme... Tu m'as mis sur attente. À ton bureau, il y a toujours de petite musique moche qui joue quand on est sur attente et la voix désagréable d'une fille du nord de l'Ontario qui déplace ses accents toniques en me susurrant : votre appel est important pour nous...Tu m'avais épuisée.

En attendant que tu reprennes la ligne, j'ai téléphoné à l'autre sur mon téléphone cellulaire... son nom commence par V. Il a répondu tout de suite. J'ai fermé la ligne entre nous, ce qui revenait à mettre une croix sur nous deux. V est venu le lendemain régler ce problème domestique que nous avions toi et moi. En plus, il a été charmant, prévenant, poli et m'a téléphoné 15 minutes avant d'arriver pour me prévenir.

Je t'ai téléphoné le lendemain pour te dire que je m'en allais et que tes larmes ni pourraient rien changer. Je suis venue te dire au vent mauvais. Mais, tu ne connais pas Gainsbourg et tu m'as répondu en roulant des mécaniques que V était plus petit que toi et moins occupé et donc qu'il n'avait que ça à faire : s'occuper de moi. Que toi, tu étais occupé à travers tout le pays et que c'était normal que tu me fasses niaiser un peu. Je n'en croyais pas mes oreilles. C'est tout ce que tu avais comme excuses ?

Depuis, tu n'arrêtes pas de m'envoyer des lettres éplorées... Où es-tu Émilie ? La vie n'est pas pareille sans toi ! Come on ! J'ai su par tes anciennes blondes que tu faisais ça à toutes ceux et celles qui te quittent. Certaines m'ont dit que tu l'avais fait toutes les semaines pendant 3 ans après la rupture ! C'est pathétique. Combien ça te coûte ? Mon Bell ami ? J'ai appelé celle qui s'occupe de tes relations publiques (c'est plus simple que de te parler directement, tu es tellement occupé) et j'attends qu'elle me donne un chiffre. Maintenant, tu m'as envoyé une facture pour que je paie certaines choses de notre vie d'avant. Tu fais comme si de rien n'était, comme si je ne t'avais pas signifié la rupture et tu me dis que ce n'est pas effectif, que tu dois attendre avant de cesser de m'envoyer tes demandes en argent, que ce soit plus clair.

Alors, j'ai téléphoné à ton assistante qui m'a passé après vingt minutes d'attente à un agent de loyauté ! Un agent de loyauté ? Oui. Un agent de loyauté !
-Bonjour, ici, Nancy, agent de loyauté, je sais que nous sommes séparés, mais nous ne sommes pas vraiment séparés, nous le serons dans trente jours après cet appel...
-Quoi ? Vous le savez que nous sommes séparés : vous m'inondez de lettres depuis septembre au ton larmoyant pour me dire que la vie n'est pas Bell sans moi.
-Oui, mais non.
-C'est complètement absurde. Je vous appelle en septembre pour vous dire que c'est fini et...
-Oui, mais...non
-Comment ça non ? Passez-moi votre patron !
40 minutes...de musique poche (Tu pourrais dire à tes assistante de faire un effort et de mettre des tounes qui ont de l'allure !)

Ne t'en déplaise, je n'ai pas de problème de loisirs et j'ai autre chose à faire que de niaiser au téléphone en attendant que tu daignes me répondre. Je me suis dit que je t'écrirais...Et puis j'ai tes anciennes blondes et chum m'ont raconté ce qu'ils ont vécu avec toi. Je crois que tu nous prends pour des cons.

Veux-tu lire ce qu'ils ont à dire ?
- Julie : J'ai aussi reçu un agent qui était presqu'à genoux devant ma porte pour que je revienne...
- Jean Pierre : Moi, ils m'ont harcelé pendant des mois, via une compagnie de recouvrement, pour une facture qui était payée... Pu jamais.
- Catherine : Je suis une toute nouvelle ex. Ils m'appellent chaque semaine avec une offre plus mirobolante, même si je leur demande à chaque fois de me foutre la paix. La semaine dernière, ils m'offraient un iPad. Ç'aurait pas été plus simple de juste offrir un bon service au cours des 20 dernières années, non?
- Jean-Philippe : Je reçois des cartes à peu près chaque semaine par la poste... Qu'ils viennent donc me convaincre ensuite qu'ils veulent sauver la planète en n'envoyant plus de facture papier !
- Philippe : ‎3 rendez-vous non honorés en 2006 - 3 prises de rendez-vous - 3 jours complet d'attente (entre 7h et 19h00), étalés sur 2 semaines, 3 jours de travail manqués ($$$ - ridicule), pour le transfert de la télé par satellite suite à un déménagement. Même pas d'excuses. Aucune.

Je pourrais continuer mais à quoi ça servirait ? Je ne t'en veux pas. Je suis avec quelqu'un d'autre depuis septembre. Il est très gentil. Alors arrête de m'écrire et, non, je ne règlerai pas de factures pour des services que je n'ai pas eu, puisque nous étions déjà séparés ! Je sais que c'est difficile à accepter, mais je t'ai donné toutes les chances pendant nos 16 ans de vie commune et tu ne l'as pas vu. C'est trop tard et n'essaye-pas en plus de me soutirer des sous...c'est minable.

Émilie

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